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 Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)

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matouminou

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MessageSujet: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Sam 23 Jan - 21:25

Cela faisait plusieurs semaines qu'ils en parlaient. Eprouvés et lassés par leur fonctions respectives, ils avaient besoin de changer d'air. Ils avaient beaucoup donné de leur temps, avaient fait de leur mieux pour mener à bien ce pourquoi, ils s'étaient engagés, maintenant il était temps de passer la main. Horloger avait décliné une nouvelle participation au conseil ducal et Matou avait décidé de ne plus se représenter à la mairie. Du reste, elle était ravie, c'est Deedee, sa filleule, connue pour son séreux et sa gentillesse, qui l'avait remplacée.

Le grand jour était arrivé, la carriole était prête. Horloger avait aménagé un coin avec une paillasse recouverte d'une couverture en laine qui ferait un excellent lit de fortune pour Mahaut. Quant à Guillaume, Son petit lit de bois avait trouvé sa place entre malles et sacs de nourriture. Ils avaient pris pour une dizaine de jours de nourriture, et assez d'argent pour faire face par la suite. Ils estimaient être de retour dans moins d'un mois.
Du reste, ils avaient , sur une carte, tracé leur trajet:





La nuit venait de tomber, lorsqu'ils se mirent en route, laissant derrière eux leur maison, leur amis et leur ville. Mais ils savaient que ce n'était qu'un petit voyage, ils reviendraient quoi qu'il arrive.

Ils traversèrent Honfleur, puis Bayeux et arrivèrent à Avranches, ville qu'ils ne connaissaient pas encore. Ils n'eurent pas le loisir de la visiter, se contentant de passer un petit moment en taverne où ils ne rencontrèrent...personne!

Ils avaient décidé de tenir un journal de bord, cela leur permettrait d'y noter les anecdotes du voyage, les rencontres et quelques particularismes intéressants.

Matou avait acheté un cahier de parchemins retenus entre eux par une fine ficelle en corde. Elle le sortit de sa besace et elle passa la main dessus en souriant et prit sa plume.




Elle trempa sa plume dans le petit encrier et commença à écrire:

TRAVERSEE DE LA NORMANDIE

19/20 janvier 1458
La nuit est tombée et tout est prêt. Mahaut et Guillaume sont bien installés dans la carriole. Horloger vérifie une dernière fois l'harnachement de Alambic tandis que moi, je ferme la porte et jette un dernier regard à notre petite maison.
Je grimpe à côté de mon mari et nous échangeons un sourire. Alambic, notre vaillant petit cheval s'élance. Ses sabots retentissent sur les pavés de la ville qu'il nous faut traverser pour atteindre la sortie. Un salut à Cameronpoe qui nous souhaite un bon voyage, et nous voici partis vers Honfleur.
Nous y arrivons au matin, alors que le jour est en train de se lever. Les enfants ont dormi tout le long du trajet. j'ai relayé Horlo en milieu de nuit, lui permettant d'un peu récupérer.
Nous retrouvons très vite cette jolie auberge qui nous avait accueillis pour notre voyage de noce. La patronne, déjà levée, nous accueille avec le sourire. Mahaut est réveillée et claironne à qui veut l'entendre qu'elle a faim. Je lui demande de ne pas crier, des gens dorment surement. la patronne nous rassure, les quelques voyageurs qui ont passé la nuit chez elle sont repartis et elle propose à Mahaut du pain perdu avec du miel:


Le meilleur de toute la Normandie! ajoute-t-elle

Mais il ne faut point en conter à notre fille et avec un aplomb superbe, elle lui rétorque:


Alors là, je ne pense pas...parce que le meilleur du Domaine Royal c'est celui que fait ma maman!!!


Etrange comme parfois on peut se sentir seule, et comme on aimerait dire que la gentille enfant qui est là n'est en réalité qu'une petite fille qu'on a croisé et pour laquelle on a éprouvé un peu de pitié.
je rougis, Horloger éclate de rire et la femme l'imite en disant:


Ben toi petite, tu n'as pas la langue dans ta poche!! Allez installez vous, je vous prépare ça!

J'en profite pour murmurer à Mahaut que ce sont des choses qu'on ne dit pas. Toujours avec le même aplomb, elle me regarde, étonnée:

Même si c'est la vérité?


Je souris, comment lui en vouloir?

Guillaume s'est réveillé et je le change. Puis je l'installe sur mes genoux et lui donne son biberon.
Nous nous régalons de ce premier repas hors de Fécamp.
Le reste de la journée passera vite, nous nous reposons, puis allons nous promener. Au loin le phare de mon filleul et de sa femme se dessine. Mes courriers sont restés sans réponse, sont-ils là?
Nous passerons brièvement en taverne pour saluer Amélie Rose et Sissou que nous sommes heureux de revoir.
Il est temps de repartir. Nous avons décidé de ne rester qu'un jour dans les trois villes normandes qui nous séparent de la Bretagne.

21 et 22 janvier 1458


Nous ne garderons pas un souvenir impérissable de Bayeux et de Avranches. Ces deux villes, certes très jolies, manquent un peu d'animation. Nous achetons quelques aliments à Bayeux, du lait notamment pour les enfants et quelques fruits à Avranches. Le 22 au soir, nous partons pour la Bretagne. Je ne peux m'empêcher d'avoir un petit pincement au coeur, nous allons laisser derrière nous notre duché pour pénétrer sur des terres longtemps hostiles. la guerre contre les bretons est encore bien présente dans les esprits, même s'il cela fait un peu plus d'un an que le Roy, en grandes pompes, a signé le traité de paix, au Mont Saint Michel.

le 23 janvier au petit matin, nous entrons à Fougères. Le soleil est en train de se lever et notre premier aperçu de cette ville bretonne est magnifique.




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Horloger

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Dim 24 Jan - 15:24

23 janvier 1458

Nous avons aperçu la ville de Fougères de loin, en arrivant par une sorte de petite colline, et maintenant, dans le jour qui se lève, les remparts de Fougères sont visibles, énormes et massifs. De hautes tours coiffées de toits pointus semblent veiller sur la ville, tandis que les murs crénelés constituent une excellente défense.




Le passage en douane n'est qu'une formalité, cependant le douanier, très courtois, nous demande de remiser notre bâton dans la carriole, le temps de notre séjour en Bretagne. Nous nous exécutons de bonne grâce, d'autant plus que nous savons pertinemment qu'un bâton est inutile en ville. Les enfants dorment encore, et c'est au pas tranquille d'Alambic que nous entrons dans Fougères. La première auberge est la bonne, et nous décidons d'y faire halte. Mahaut s'est réveillée, entre temps, et tout en se frottant les yeux, dit:

"Où on est?"


Matou lui répond:

"Nous sommes en Bretagne, ma chérie!"

La petite fille hoche la tête. Ainsi, c'est cela, la Bretagne? Une ville qui ressemble à une ville normande, tout simplement...du reste, la Normandie n'est pas bien loin.
Tandis que Matou prend Guillaume dans ses bras, j'aide Mahaut à descendre, puis reviens décharger les bagages. En un tournemain, l'affaire est dans le sac, et alambic est dans l'enclos jouxtant l'auberge. Il a à sa disposition du foin, et de l'eau. Je remise la carriole sous l'auvent, et rejoins Matou et les enfants dans l'auberge. Guillaume est réveillé, et Matou lui donne un biberon, ayant fait chauffer du lait dans la cheminée qui crépite. Je coupe des tranches de pain, et sors un pot de miel. Bientôt, tout le monde est attablé, et mange avec appétit.
Mahaut demande:

"Que va-t-on faire aujourd'hui?"

Matou et moi échangeons un regard, puis Matou répond:

"Nous allons visiter la ville, une fois que nous aurons fini de manger!"

Mahaut bat des mains; ce programme lui plaît, à n'en pas douter.
Je monte les bagages dans la chambre, puis nous quittons la taverne, à la découverte de la ville. celle-ci semble très belle, sous le pâle soleil d'hiver qui se lève maintenant, et les ruelles sinueuses entourent des maisons solidement bâties.




Le village semble encore endormi, même si ça et là, on entend les claquements des fers des chevaux, et les carrioles des marchands se dirigeant vers le marché. Un peu plus loin, on aperçoit une sorte de grande tour. Après renseignement pris auprès d'un vieil habitant, il s'agit du beffroi.



Le vieux leur a dit, amusé:

"Savez-vous ce qu'il y a d'inscrit sur la cloche du beffroi?"

Matou et Horloger ont secoué la tête, et il a repris:

"Il est écrit: En 1397 les bourges de Fougères me firent et m'appellent Roland Chapelle."

Matou et Horlo le remercient, avant d'admirer le bâtiment. Décidément, cette ville recèle des trésors d'architecture!

En fin de journée, nous avons encore parcouru la ville, tombant sur des maisons typiques, aux couleurs vives.



Cela donne de la gaité dans le village, et réhausse les maisons. Du reste, en soirée, nous sommes allés en taverne, et avons apprécié l'accueil. Nous avons appris quelques mots:

Demat: Bonjour

Kenavo: Au revoir

Trugarez: Merci


Nous avons salué les habitants de Fougères, et avons chargé la carriole. Demain, si tout va bien, nous serons à Laval.

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matouminou

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Lun 25 Jan - 14:32

23 janvier au soir

La carriole est prête mais avant de partir nous avons promis à un couple de jeunes mariés de venir boire un verre avec eux. Il n'est pas encore bien tard aussi nous dirigeons-nous vers l'endroit où se déroule la fête. Un panneau nous indique que nous sommes bien au bon endroit:



Nous entrons dans la salle située au rez de chaussée de la mairie. Il y a beaucoup de monde, difficile de repérer les mariés, Nanou et Gavial.

Je me remémore les mots appris dans la journée:


Demat...bonjour.... merci...trega...trugarez...irmat...santé! pfiouuu, pas facile....


Je prends la main de Mahaut en lui demandant de ne pas s'éloigner, nous aurions du mal à la retrouver dans cette foule de bretons. Je frissonne en repensant à toutes les histoires racontées par Aupyl.
Guillaume s'est endormi dans les bras de son papa.
Soudain, j'ouvre de grands yeux. A quelques pas de nous, se trouve Farandole de Honfleur. Je m'approche et lui fait la bise en riant.


Farandole!! je suis contente de te revoir!

Elle nous salue, en souriant et nous apprend qu'elle est une amie de la mariée.

Je lui répond avec un clin d'oeil
: personne n'est parfait!!

Nous lui donnons quelques nouvelles de la Normandie qu'elle a quitté depuis un moment.

Je regarde autour de moi, une grande table, dressée au centre de la pièce, regorge de victuailles. Je ne peux m'empêcher d'admirer le gâteau des mariés:




Puis j'aperçois la mariée, je saisis la main d'Horloger:


Allons la féliciter mon coeur...


Nous prenons congé de Farandole en lui souhaitant un bon voyage car elle repart pour la Normandie.
La mariée est heureuse de nous revoir, je m'approche et d'une traite lui débite mon petit discours:


Demat, Nanou et trugarez de nous avoir invités! félicitations pour ce mariage et irmat!!

J'ai arrêté un jeune homme avec un plateau de godets et j'en tends un à Horlo et à la mariée. Sans réfléchir, je l'avale d'un coup en priant en silence:

Aristote protégez nous!!


le chouchen avalé, je plaque un sourire que j'espère le moins possible crispé, sur mon visage. J'ai le coeur au bord des lèvres, mais je fais bonne figure. Je regarde Horloger qui ne dit mot. Je sais que lui aussi a du mal. Nous écoutons Nanou nous remercier. Nous lui renouvelons tous nos voeux de bonheur pour elle et son mari.

Il nous faut maintenant partir, nous ne savons pas ce que nous rencontrerons sur la route et nous voulons arriver assez tôt à Laval.
Nous installons les enfants dans la carriole, Guillaume, malgré le bruit, ne s'est pas réveillé. Mahaut baille, elle est fatiguée et ne va surement pas tarder à s'endormir.

Je rejoins Horloger devant. D'un claquement de langue et en donnant un petit coup de rênes, il fait comprendre à Alambic que le voyage reprend.
Prochain arrêt: LAVAL


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Mahaut

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Lun 25 Jan - 16:01

Mahaut s'était réveillée et doucement avait glissé au bas de sa paillasse. Elle jeta un rapide coup d'oeil vers l'avant de la carriole. Elle pouvait voir ses parents de dos. Elle devina que maman avait posé sa tête contre l'épaule de papa. On entendait que le bruit régulier et un peu étouffé des sabots d'Alambic sur la route de terre. Elle se pencha sur son frère qui dormait profondément. Elle se retint de le réveiller, mais il aurait surement piaillé comme il savait si bien faire quand il était de mauvaise humeur ou contrarié. Elle soupira:

Et après on dit que c'est moi la râleuse....


Doucement, elle souleva la bâche et regarda la route. Elle ne voyait pas grand chose en réalité, en sortant un peu plus sa tête, elle aperçut des arbres et en levant les yeux , elle admira le ciel étoilé. La carriole cahota, la projetant contre le lit de Guillaume. Elle retint son souffle, le coeur battant. Mais le petit garçon ne bougea pas. Alors doucement, elle s'installa dos contre le tonneau de calva et commença à jouer avec ses poupées.
Elle songea que ça faisait déjà presque tous les doigts d'une main qu'ils avaient quitté Fécamp. Elle murmura pour elle-même les villes dans lesquelles ils étaient passés:


- Honfleur...Bayeux...euh....revanche...non....comment il dit papa? c'est navranches....Elle gloussa, papa disait toujours des choses rigolotes...et elle adorait entendre maman rire ou parfois lui faire les gros yeux....

Elle compta les trois villes sur ses doigts et ouvrit le quatrième doigt en disant:


...et Fougères....comme la plante! ça fait quatre villes!!

Puis s'adressant à ses poupées, elles leur chuchota avec un ton empreint d'importance:


Mes filles, je suis allée à un mariage breton....oui, oui, oui...vous avez bien entendu....breton....non, je n'ai rencontré aucun enfant....mais il parait....elle baissa encore un peu plus la voix....que les bretons mangent les enfants... Elle frissonna non de peur mais de l'audace d'avoir dit cela...Elle tourna la tête vers ses parents, ils ne bougeaient pas. Elle repensa à ce moment en taverne à Fécamp. Elle aimait escalader les bancs et grimper à toute vitesse l'escalier et sauter le plus loin possible. Maman et papa la surveillaient, mais parfois, plongés dans leur conversation, il ne voyait pas toujours ce qu'elle faisait. Ce jour là, il y avait Aupyl et c'est lui qui avait dit ça. Elle l'avait bien entendu mais Alkémie, sa fille, l'avait rassurée en lui disant que ce n'était pas vrai...son papa n'aimait tout simplement pas les bretons et les rendait responsables de beaucoup de mauvaises choses...en tout cas, elle n'avait pas vu d'enfants à Fougères...

Elle rassura ses poupées:


Ne vous inquiétez pas, ce ne sont pas non plus des ogres...papa et maman ont même rigolé avec eux...le seul truc c'est que leur boisson...et ben...c'est dégoutant...maman a dit qu'il valait mieux boire de la tisane...


Elle prit ses poupées contre elle et commença à les bercer:


J'aurais du essayer de gouter un fond de verre....je suis sure que Jeanne aurait été surprise de savoir que j'avais gouté du sous chien...enfin leur truc...

Elle ferma les yeux et, bercée par le mouvement régulier de la carriole, elle s'endormit.

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matouminou

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Lun 25 Jan - 16:55

24 janvier

LAVAL se dresse devant nous, majestueuse, entourée de ses remparts.



On nous a dit que c'était une ville plutôt morte, pourtant devant nous de nombreuses charrettes, carrioles et autres véhicules tirées par chevaux ou par boeufs se dirigent lentement vers la ville dont le nom se lit aussi bien à l'endroit qu'à l'envers. Nous ralentissons et attendons patiemment de passer le poste de douane. Tandis qu'Horlo discute avec un marchand, je change Guillaume et fait une rapide toilette à Mahaut. Elle pousse des cris:


C'est froid maman!!


Je hoche la tête:


En effet, ma fille, mais ça fait circuler le sang...allez enfile tes braies et cette chemise!!

Je leur donne à chacun un quignon de pain pour les faire patienter jusqu'à ce que nous soyons à l'intérieur de la ville.
Notre carriole se met en route et Horloger me lance d'un ton satisfait:


Nous passons le poste de douane, chérie! Tout est en règle!


Notre première vision de cette ville sera le château.




Nous traversons le pont immense pour nous en approcher, c'est au pied de cette magnifique demeure que nous trouverons la taverne gérée par la mairie, celle qu'on nous a recommandée.
Nous avons eu du mal à la trouver, les rues sont si étroites et à,peine éclairer, mais tout à coup, elle est là devant nous. j'aide Mahaut à descendre et prend Guillaume dans mes bras. Horlo attache ALambic à un anneau. la carriole ne gêne pas le passage et il est préférable de l'avoir sous les yeux. Nous entrons dans la taverne et jetons un oeil autour de nous:



Je regarde Horloger et lui dit:


C'est rustique mais ça a l'air propre...allez installons nous...je pense qu'une bonne tartine de miel avec un fruit va nous remplir délicieusement le ventre...


Mahaut file jusqu'à une table et s'installe. Nous la suivons. le tavernier nous propose une choppe de bière la noisette. Etrange boisson que nous n'apprécions pas plus que ça.
Horlo dit, en prenant soin de ne pas être entendu par le tavernier:


Bah comment peut-on aimer une boisson qui fait roter et pisser?
cela fait beaucoup rire Mahaut.

Sitôt notre repas terminé, nous décidons d'aller nous promener. Nous admirons une des tours du château. Horlo explique que les petites fenêtres qu'on voit entre les pierres s'appellent des meurtrières et que c'est de là qu'on envoie des projectiles, mais aussi de l'huile et de la chaux, sur les ennemis.




Puis, nous nous promenons sur le chemin de ronde. Les gardes sont nombreux et nous ne nous attardons guère.



Nous retournons à l'auberge ou nous prenons un repos bien mérité. Dans l'après midi, nous avons visité le marché où là aussi, nous avons été surpris par des produits pas chers du tout.
Le soir, nous retournons à la taverne et nous rencontrons quelques villageois fort sympathiques.
Nous sommes partis un peu tard. Minuit sonnait au clocher, mais nous étions heureux des rencontres faites.
Notre prochaine destination est Mayenne.

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Horloger

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Mar 26 Jan - 16:43

Le 25 janvier 1458


Nous avons embarqué sur la carriole à minuit sonnés, direction Mayenne. L'aubergiste nous a dit que cette ville n'était qu'à peu de distance de Laval, aussi nous ne nous pressons guère. Les bagages sont bien rangés, et j'ai remis de la paille afin que les enfants n'aient pas froid. Dans l'après-midi, j'ai également vérifié les bâches, tandis que Matou rangeait et vérifiait les bagages.
La nuit est claire, et c'est sous les étoiles que nous quittons Laval. Les enfants dorment déjà, et Matou et moi échangeons nos impressions concernant Laval, ville très belle et accueillante. Seul défaut: ils boivent de la bière, et n'apprécient guère le calva, trop fort pour eux...Alambic marche à son train, et dans l'air frais mais pas froid, nous évoquons, Matou et moi, ce début de voyage qui se déroule sous les meilleurs auspices. Nous avons encore de la nourriture d'avance, ainsi que suffisamment d'écus pour acheter ça et là de quoi manger. Matou dit:

"Si je trouve de la confiture ou du miel au marché, j'en achèterai; le pot de miel est presque vide, déjà..."

Horlo réprime un sourire dans la nuit; c'est vrai que sa fille et lui ne se font guère prier pour attaquer le pot, le continuer et le terminer!

Au jour, se dresse devant eux l'imposant château de Mayenne.




La carriole passe non loin, et au poste de douane, ce n'est qu'une formalité pour entrer dans Mayenne. Le douanier rappelle cependant les règles concernant l'achat de nourriture; Matou acquiesce, et répond à voix basse, pour ne pas réveiller les enfants, qu'elle écrira au maire de la ville, afin de s'assurer d'être en règle. Après avoir remercié le douanier, nous faisons route vers l'auberge.

Celle-ci est accueillante de prime abord, et Matou et les enfants entrent, tandis que je vide la carriole et la remise. Alambic a bien mérité du repos, aussi est-il heureux d'aller brouter dans le pré juste en face de l'auberge. Quand je reviens, Matou est en train de faire manger les enfants, et je m'attable avec plaisir près du feu. L'auberge est encore vide, mais vu l'heure matinale, cela n'a rien d'étonnant. Tout le monde mange avec appétit, et Guillaume goûte même un peu de miel. cela semble lui plaire, au point que Mahaut dit:


"Il ne faut pas trop lui en donner, je n'en aurai plus!"


Un regard, et Mahaut a vite fait de s'excuser. Le reste du repas se déroule tranquillement, et chacun apprécie la chaleur de l'âtre, après avoir passé la moitié de la nuit dehors.
Après le repas, il est temps d'aller prendre un peu de repos; il est encore trop tôt pour aller visiter la ville; nous verrons cela un peu plus tard.

La chambre est propre est spacieuse, et malgré le fait que Mahaut ne veuille pas dormir, nous parvenons tous à prendre du repos, après avoir fermé les volets. Guillaume n'a fait aucune difficulté pour se rendormir, et Matou et moi avons sombré dans un profond sommeil réparateur, après avoir vérifié que Mahaut dormait.
Lorsque nous nous réveillons, il fait grand jour, et le temps de préparer quelques affaires pour aller faire le tour de la ville, nous entendons sonner neuf heures au clocher. Allons, en route!
Les ruelles de Mayenne sont étroites et sinueuses, mais c'est une fort jolie ville.



Des maisons pittoresques bordent les ruelles, et les habitants semblent être très aimables.



Le midi, nous rentons manger à l'auberge; le repas qui nous est servi est copieux. En revanche, là encore, aucune boisson digne de ce nom...nous avons bien fait d'emporter un peu de Fécamp dans une bouteille!

L'après-midi est consacré à une visite du marché, bien achalandé et aux pris bas. La douane fait bien son travail, et nous avons un courrier d'accueil détaillant les lois Mainoises.
Le soir venu, il est temps de repartir. La carriole est chargée, et à la tombée du soir, nous reprenons la route, laissant Mayenne derrière nous. Direction la capitale du Maine: Le Mans!



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matouminou

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Jeu 28 Jan - 21:08

Le 26 janvier LE MANS

Bien que nous soyons partis tôt de Mayenne, nous avons franchi la porte de la capitale Mainoise, seulement au levé du jour. Il faut dire que nous avons attendu pas mal de temps pour passer la douane, la priorité étant donnée aux marchands venus vendre leurs produits à la grande foire Mancelle.
Nous avons donc pris notre mal en patience. Un léger brouillard recouvre la ville, mais avec l'apparition d'un timide soleil, il s'estompe très vite. Les enfants se réveillent. Mahaut demande ce que nous attendons. Horloger lui explique, elle hoche la tête et s'amuse tranquillement avec ses poupées. En revanche, Guillaume n'a pas la même patience. il commence à pleurer aussi je l'emmitoufle dans sa couverture et le prend contre moi. Je sais bien ce qu'il veut. Hélas, le lait nous fait défaut et il repousse le bout de pain que je lui donne. Je le berce en lui fredonnant une petite chanson. Horlo, qui est allé, entre temps, aux nouvelles, revient.


On ne devrait pas tarder à avancer...on m'a dit que c'était la grande foire mensuelle. Elle a commencé dimanche et se termine demain. C'est semble-t-il un évènement dans le comté...


En disant cela, il remonte dans la carriole. Il embrasse les enfants et reprend les rênes. La calèche devant nous se met en route, nous la suivons. Guillaume s'est un peu calmé et Mahaut est venue se mettre entre nous.

- On va y rester longtemps dans cette ville? On rentre quand à Fécamp?
Je voudrais bien revoir Jeanne et Alkémie...


Horlo et moi échangeons un regard, il est vrai que nous avons rencontré peu d'enfants jusqu'à présent.

- Si tu veux ma chérie, nous enverrons un pigeon à tes deux copines. Qu'en dis-tu?


Mahaut laisse éclater sa joie:


Je te dirai, maman, ce que tu dois écrire...


Je hoche la tête. Nous voici arrivés au poste de douane. Le douanier vérifie machinalement nos papiers, il nous demande la raison de notre venue au Mans, écoute à peine notre réponse et nous demande la taxe de séjour qui est de deux écus. je fronce les sourcils et lui dit:

- Pourriez vous au moins nous indiquer une auberge?


Il hausse les épaules:

- Suivez la rue principale, passez le fleuve, dirigez vous vers la droite et vous allez tomber dans une rue où vous serez servis tant en tavernes qu'en auberges...

Il donne une claque sur la croupe de Alambic pour nous signifier qu'il a assez perdu de temps.
Nous ne faisons aucun commentaire et entrons dans la capitale. Nous suivons une rue étroite.




Nous aboutissons sur les quais de la Sarthe et découvrons une vue magnifique de la ville.




Sur notre droite apparait le pont qui nous permet de passer de l'autre côté. Horlo suit les indications du douanier, et effectivement nous arrivons dans une rue où de nombreuses enseignes annoncent des auberges et des tavernes. J'en lis quelques-unes: "Au poney qui tousse", "La rose d'or"...
Je montre du doigt une bâtisse sur laquelle on peut lire:




Regarde mon coeur, cette auberge me semble convenable. Entrons dans la cour, les portes sont ouvertes...inutile de trop chercher, je suis sûre que tu as faim comme les enfants et comme moi aussi, du reste!!


Aussitôt dit, aussitôt fait, une fois encore, nous voici en train de déballer nos besaces, je prends le strict nécessaire pour changer les enfants. Mahaut à la main et Guillaume dans les bras, je me dirige vers l'entrée, laissant le soin à Horlo de s'occuper de Alambic et de la carriole.

L'aubergiste est fort aimable. Il nous donne une chambre. Cependant,le feu dans la cheminée n'est pas prêt.


-Que diriez vous de vous restaurer un peu? je suis sur que cette petite demoiselle meurt de faim...Ainsi je pourrai préparer la cheminée dans la chambre!


Mahaut, en parfaite comédienne, hoche avec vigueur la tête et se tient le ventre. L'homme sourit et nous montre l'affiche au mur sur laquelle se trouve le menu.


Que des spécialités de chez nous!! vous me direz des nouvelles des rillettes!!!



Nous nous sommes donc installés car il est vrai que nous avons faim. Horloger est pour gouter à toutes les spécialités, je me contente de quelques légumes avec un peu de jambon. Je regarde avec inquiétude mon mari se préparer une troisième tartine de rillettes. Guillaume a bu son biberon et mange un sablé. Quant à Mahaut, elle redemande des légumes.

Repus, nous remercions l'aubergiste et montons dans la chambre. Le temps de se débarbouiller et de changer Guillaume, et nous voici partis visiter Le Mans.

Nous arrivons sur une grande place, et nous jouissons du spectacle qu'offre la cathédrale. Elle est magnifique.




Mahaut court jusqu'à la fontaine pour y tremper ses mains. Elle éclabousse son frère qui n'apprécie pas plus que ça.
Nous gravissons les marches qui encadrent la fontaine et nous nous dirigeons vers l'entrée de la cathédrale. Ici et là, des gens vont et viennent, pressés d'aller travailler ou de rentrer.
Un mendiant fait la manche. je donne quelques deniers à Mahaut pour qu'elle les dépose dans sa sébile.
Mahaut revient vers nous et nous murmure:


Le monsieur m'a dit merci, mais pourquoi il a plus de jambes?

Nous lui expliquons qu'il a du avoir un accident.
Nous entrons dans le bâtiment. Il y fait sombre et le silence tranche avec les bruits de l'extérieur. Nous trempons le bout des doigts dans le bénitier et faisons le signe de croix, puis nous prenons l'allée de droite.
Nous découvrons un panneau retraçant l'histoire de la construction de cette cathédrale:


Citation :
La fondation de la cathédrale remonterait au IVe ou Ve siècle. Les premières traces historiques sont celles de l’évêque Vulgrin en 1056. Il choisit lui-même l’emplacement de l’édifice, à l’opposé du mur d’enceinte nord de la ville. Ce choix ne s’avèrera pas être le meilleur pour les futurs agrandissements de la cathédrale. C’est alors le « redressement moral et religieux du Mans ». Dix ans après cette première construction, l’édifice s’écroule. Les successeurs de Vulgrin décident de poursuivre son œuvre. L’évêque Arnaud, en charge dès 1067, reprend la construction. En 1081, le chœur et la crypte sont bâties, de même que les fondations du transept et de ses tours. De cette « reconstruction », il ne reste aujourd’hui plus qu’un fragment d’arc du transept nord. L’évêque Hoël décide en 1085 d’achever les travaux de son prédécesseur. Admiratif du travail normand, il fait appel à des ouvriers de cette région pour poursuivre la construction. Les tours et les bas-côtés de la nef sont achevés dans ce style. Pendant cette longue construction, il est impossible pour les pèlerins d’approcher les reliques et les tombeaux de saint Julien, premier évêque du Mans et grande figure du christianisme oriental. L’économie mancelle en est entachée. Les habitants obligent alors l’architecte à ouvrir l’édifice aux visiteurs. Cela est fait le 17 octobre 1093. Une partie achevée de la cathédrale est montrée au public.

Je chuchote à Horloger:

Et un bon point pour les Normands...nous sommes des travailleurs sérieux!!


Nous poursuivons notre visite en admirant de magnifiques vitraux.



Sur une affiche je lis tout haut l'histoire d'un de ces vitraux:


Citation :
Le Christ montre un sein, soulignant son androgynie.



Puis nous admirons un plafond sur lequel sont dessinés des anges musiciens, un vieux monsieur qui nous voit nous intéresser à ces fresques, nous explique leur histoire. Ainsi nous apprenons que les anges représentés sont souvent porteurs d’un instrument : le cor. Celui-ci peut être un olifant en ivoire comme une simple trompe en terre
cuite. Mais plus qu’un instrument de musique, il est le moyen de porter la parole divine. Ces anges peuvent se classer en deux grandes catégories: les anges «avertisseurs » , annonciateurs et glorificateurs d’une part; les anges de l'Apocalypse, porteurs du jugement divin, d’autre part.Sur cette fresque, ils sont au nombre de 47.



Nous le remercions, puis nous remontons l'allée centrale vers la sortie, admirant encore une fois la beauté de ce lieu.




Le temps s'est couvert aussi nous dépêchons nous de rentrer à l'auberge, nous nous hâtons dans le dédale des rues étroites. Certaines façades sont magnifiques.



Dommage, le jour décline, et il nous faut rassembler nos affaires. Je veux encore changer les enfants avant de reprendre la route.
Le Mans est, certes, une ville où nous n'avons rencontré que peu de gens, mais nous nous sommes régalés à la visiter.
Notre prochaine étape est la ville de Montmirail. Ainsi nous aurons parcouru tout le Maine.
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Horloger

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Dim 31 Jan - 16:20

27 janvier 1458, arrivée à Montmirail

Nous avons quitté Le Mans dans la soirée. L'agitation du marché a laissé place à la tranquillité des chemins, et c'est d'un pas paisible qu'Alambic mène la carriole. On sent, depuis notre départ de Fécamp, que les jours rallongent, et que l'hiver, même si c'est fugace, commence à laisser sa place. Bien sûr, il reste encore tout le mois de février, et même mars. Mais au moins, la lumière des jours qui rallongent fait du bien, et du reste, Mahaut n'est pas endormie, loin s'en faut, lorsque nous prenons la direction de Montmirail. Elle se met à genoux, coincée entre les bottes de paille, et, bien emmitouflée dans sa couverture, elle dit:

"On va où? c'est quoi la prochaine ville?"


Matou se retourne, et lui dit:

"La prochaine ville s'appelle Montmirail. C'est la dernière ville du Maine que nous allons visiter, et ensuite, nous reviendrons sur nos pas pour aller en Anjou!"

Mahaut hoche la tête, et dit:

"Je suis pressée de retourner à la maison pour revoir Alkémie, Jeanne, Yseult, Erwan, Rody...et en même temps, je suis contente de voyager!"

Horloger sourit. Mahaut a bien résumé le sentiment général que tous éprouvent durant ce voyage. Bien sûr, Fécamp nous manque, mais en même temps, nous sommes heureux de voir de nouvelles personnes, de nouvelles villes et de faire connaissance.
Matou a posé sa tête sur mon épaule, tandis que Mahaut s'est couchée. Guillaume dort depuis le départ du Mans, et c'est bien emmitouflés et heureux que nous laissons Alambic avancer tranquillement vers Montmirail.
Bien avant le lever du jour, les remparts sombres de la ville apparaissent, éclairés par des torches placées de part et d'autre du poste de douane. Je stoppe la carriole, et après avoir décliné notre identité au douanier, il ouvre la lourde barrière de bois, et nous entrons dans l'enceinte de la ville. Il y fait nuit noire, et fort heureusement, des torches bien placées éclairent à peu près les ruelles. Une auberge fait l'angle; je ne cherche donc pas à aller plus loin, d'autant qu'il fait encore bien nuit. Autant la terminer dans un lit.
Matou s'est réveillée, et tandis que je dépose les quelques bagages au pied de la carriole, elle va s'enquérir auprès de l'aubergiste. Peu de temps après, elle revient, et dit à voix basse:


"Tout est en ordre, chéri, une chambre nous attend!"

Horloger répond:

"Parfait, chérie, je vais rentrer les bagages, mais avant, je te fais passer Guillaume."

Je remonte dans la carriole, et sans bruit, je fais passer Guillaume dans les bras de Matou, puis je descends avec Mahaut dans les bras. Aucun des deux ne s'est réveillé. Nous entrons dans l'auberge, simple mais qui semble propre et accueillante à la lueur des bougies. Un feu crépite dans la cheminée, et je salue l'aubergiste, un homme sec et noueux, qui me rend mon salut. Je suis Matou; la chambre se trouve au rez-de chaussée, et après avoir déposé Mahaut sur le lit, et tandis que Matou s'occupe des enfants, je vais chercher les bagages, que je remise dans l'auberge. Enfin, je range la carriole, et sur les conseils de l'aubergiste, laisse Alambic derrière l'auberge; il y a un enclos destiné aux animaux.
Je retourne ensuite à l'auberge, remercie l'aubergiste, et rejoins Matou et les enfants dans la chambre, après y avoir posé les bagages. Mahaut et Guillaume dorment toujours; le lit est suffisamment large pour que tout le monde y dorme. Nous nous endormons aussitôt.

Au matin, après une bonne toilette, tout le monde est frais et dispos. Nous passons dans la salle commune. Le feu crépite toujours, mais l'aubergiste n'est plus là. Nous nous attablons, et mangeons du pain, du miel et du maïs. Les enfants ont droit à des fruits écrasés en compote, en supplément. Le repas terminé, place à la découverte de la ville. le temps est doux, et nous commençons par les ruelles. Un escalier en pierre semble mener sur une place; au loin, nous voyons se dresser le château.



Après avoir gravi les marches, nous sommes effectivement sur une place donnant sur le château, un peu plus loin. Mahaut bat des mains:

"Allons le voir!"


Nous avançons tranquillement; l'air est frais, mais le beau temps nous permet de rester dehors sans avoir froid, et le pâle soleil réchauffe tout de même. Après quelques minutes de marche, et tandis que Matou m'a confié Guillaume pour que je le porte à mon tour, le château apparaît.




Il est massif, et sur une de ses portes figure le blason de la ville de Montmirail.




Après avoir contourné le château, nous retournons en ville. Il y a encore l'église à visiter; elle se trouve au centre de la ville, et on l'aperçoit de loin.



Nous entrons, et sommes surpris par l'austérité et la luminosité des lieux. L'église est relativement petite, mais très claire. Plusieurs bancs de bois, alignés, permettent aux fidèles de suivre la messe.



Mais ces différentes péripéties donnent faim, et lorsque nous ressortons, le jour décline. Il faudra songer à reprendre la route. mais tout d'abord, nous repassons à l'auberge, afin de prendre un peu de repos près de la cheminée. Nous avons encore le temps, avant de charger la carriole; autant laisser les enfants et Alambic se détendre. Du reste, Matou et moi profitons aussi de ce petit temps de repos; c'est bien agréable de se retrouver autour d'un bon feu! La prochaine destination sera à nouveau Le Mans, passage obligé pour aller en Anjou.

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Mahaut

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Dim 31 Jan - 23:30

Ben voilà...encore une ville nouvelle...papa a dit qu'elle s'appelait Montmirail...j'aime bien ce nom...ça fait aujourd'hui tous les doigts d'une main avec encore trois doigts de l'autre, qu'on est partis de chez nous!
Parfois, on s'arrête dans de belles auberges, parfois dans des tavernes.
Dans une taverne, je me suis cassée la figure en grimpant sur un banc. C'est la faute d'une de mes bottes, elle a le talon qui s'est accroché. Je me suis pas fait mal et j'ai pas pleuré. Maman a froncé les sourcils, papa a souri.
Et on est partis au marché de Montmirail. C'est un très grand marché, plus grand que celui de Fécamp. Maman a dit que c'était une foire. On a vu plein de choses. Il faisait beau et tout le monde parlait, riait. J'aime bien les marchés.
On a acheté des légumes. maman a dit qu'ils étaient très beaux.




Elle s'y connait parce qu'à la maison, c'est elle qui s'occupe du potager. Papa il préfère le champ de blé. Enfin, il a pas toujours le temps alors c'est maman qui s'en occupe aussi. Le blé c'est important parce que dans son moulin elle le transforme en farine. La farine de maman c'est la meilleure du monde entier.
Après, on a vu des poissons, mais ils avaient une drôle de tête, même que ils ont effrayé Guioum qui a pleuré, il disait:

pas poiton, pas poiton...

J'ai rigolé, mon frère, il parle n'importe comment, je lui ai dit que c'était des "poiSSons", il a secoué la tête et s'est caché dans le cou de papa. Bon, c'est vrai, qu'ils faisaient un peu peur....c'est sur, c'est pas des poissons de chez nous!




Et puis, on est allé visiter une église, j'aime pas les églises, on peut pas courir, on peut pas parler, on peut presque pas sourire...tandis que papa et maman admirait un vitrail, c'est du verre avec plein de couleurs, j'ai réussi, en me hissant sur la pointe des pieds, à mettre mes mains dans le bénitier. J'en ai profité pour me les laver. Une vieille dame est passée et m'a fait les gros yeux, j'ai du arrêter. de toute façon, elle aurait pas pu me gronder, dans les église on doit pas faire de bruit et y'a que Aristote qui peut punir. d'ailleurs, je l'ai jamais vu, lui! Il doit être très occupé.
J'entends toujours les gens dire: "qu'Aristote nous garde" ou "nous protège"...ben il doit avoir beaucoup de travail, à surveiller que personne fasse des bêtises.

j'ai rejoint papa et maman et on est repartis. Tout à l'heure, à l'auberge, je demanderai à Maman si on peut écrire une lettre à Jeanne, à Alkémie, à Rody et à Erwan aussi. Ils me manquent.
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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Lun 1 Fév - 2:42

28 et 29 janvier

Le départ de Montmirail se fait tranquillement, nous reprenons la même route mais dans l'autre sens. En effet, nous sommes obligés de repasser par Le Mans pour pouvoir ensuite aller en Anjou. Nous arrivons sans encombre au Mans et sans tarder, nous nous dirigeons vers l'auberge que nous connaissons. L'aubergiste nous remet tout de suite et nous propose son menu qui est toujours le même, du reste. Nous refusons poliment, omettant de dire que les rillettes n'ont guère réussi à Horloger. Nous nous contenterons d'un peu de pain avec du maïs.
La journée passera vite, nous profitons d'une percée du soleil pour aller nous balader dans les ruelles de la capitale.




Là s'arrêtera notre découverte du Mans. Nous l'avons assez visitée à l'aller.
Le soir tombe à peine que nous décidons de lever le camp. Non pas que nous soyons pressés, mais Le Mans comme toutes les capitales est plutôt monotone et nous avons définitivement abandonné l'idée de rencontrer quelqu'un en taverne. Nous quittons la ville et pouvons au loin admirer le soleil qui se couche. Les enfants sont prêts pour la nuit. Guillaume babille, de temps en temps, on reconnait un mot qui émerge de son charabia que nous avons bien du mal à comprendre. Mahaut lui répond avec une aisance déconcertante. Ils sont rigolos à observer.
Je me glisse à côté de Horloger et pose ma main sur la sienne. Alambic n'a guère besoin des rênes, il prend son rythme tout seul.
Je consulte le plan. Nous allons en Anjou et la première ville où nous ferons étape se nomme "LA FLECHE"

Alambic a bien avancé, c'est incroyable la vigueur de ce petit cheval. Il ne semble jamais manifester de signes de fatigue.
Nous nous présentons au poste de douane. La douanière nous accueille avec le sourire, pas de consignes particulières, nous prenons connaissance des lois: ne pas vendre sans autorisation, permission d'acheter pour 3 jours de nourriture, ne pas toucher aux matières premières telles que le fer, la pierre, le bois...bref, rien de bien différent de Fécamp.

Elle nous remet aussi un parchemin avec l'historique de cette petite ville:



Je le lis tout haut, alors que Horloger dirige la carriole à travers les ruelles désertes de la ville. Nous repérons un petit château.



Mais il nous faut d'abord trouver une taverne. Les enfants ont faim et nous, nous sommes un peu fatigués. Nous verrons, une fois le ventre plein et les idées claires, comment nous organiserons notre journée.
Il nous faut encore un peu de temps avant de voir une enseigne sur laquelle se découpe la chope traditionnelle.

Horlo s'occupe de Alambic qui reçoit, pour son repas, du fourrage et un seau d'eau clair. Mahaut saute prestement de la carriole, n'attendant même pas que je l'aide, je prends Guillaume dans mes bras, en fronçant le nez. Mahaut rigole en disant:

ben oui, il était temps qu'on arrive, parce que toi devant, avec papa, tu ne sentais rien, mais moi, à côté de lui....

Guillaume rigole aussi, il ne semble pas gêné de son état. La carriole garée de façon à ce qu'elle ne gêne pas, nous nous dirigeons vers la porte d'entrée que Mahaut pousse avec vigueur. Horlo a pris les besaces, il ne nous manque rien.
C'est un couple de personnes âgées qui nous accueille. La femme, petite et rondelette, a un sourire jovial et fait la bise aux enfants. L'homme leur fait un clin d'oeil et nous serre la main, en nous souhaitant la bienvenue. En quelques mots nous nous présentons et ils nous proposent une table un peu à l'écart.

Ainsi, vous ne serez pas dérangés par les ouvriers qui ne vont pas manquer de s'arrêter avant d'aller à la mine. nous dit l'homme.

Nous les remercions, et je change Guillaume. En effet, ce n'est pas du luxe. Cela me fait penser qu'il va falloir que je trouve un lavoir dans les jour qui viennent, je me suis contentée de rincer les langes et autres vêtements légers, mais je vais en manquer pour les enfants surtout.

Guillaume est propre, j'en profite pour le débarbouiller ainsi que Mahaut qui essaie d'échapper à cette toilette qu'elle déteste:

Je veux d'abord manger!!


Un regard de son père la calme et elle bredouille un petit "pardon" en me présentant son visage.
Enfin, nous mangeons. La vieille dame nous apporte de la confiture et un pichet de lait, juste que nous n'avions pas. Le regard de Mahaut et de Horloger s'illuminent. Je rigole en voyant la tête de mes deux gourmands.

Tandis que nous nous restaurons, nous discutons de ce que nous allons faire. Mahaut supplie:

Pas une église s'il vous plait...


Nous demandons alors à la tavernière quel est ce joli château que nous avons vu en arrivant ici.
Elle nous apprend que c'est le château des Carmes, mais qu'il n'est guère possible d'y entrer. En revanche, elle nous propose de nous promener le long du Loir.

Il fait un peu frais, mais bien couverts, vous apprécierez la balade.

C'est ce que nous décidons de faire. Nous lui demandons s'il est possible de laisser nos besaces ici. Je n'en ai besoin que d'une avec quelques affaires pour les enfants, nos bourses et le parchemin donné par la douanière au dos duquel il y a le plan de la ville.
Elle accepte et les met derrière le comptoir, nous assurant qu'elles seront bien surveillées.

Tu veux savoir pourquoi, petite? et surtout par qui.?
demande-t-elle à Mahaut.

Notre fille, pas curieuse pour deux sous, acquiesce, bien évidemment.

- Viens voir qui va garder vos sacs...

Mahaut la suit et nous la voyons ouvrir de grands yeux. Puis, un remue ménage se fait et une petite bête bondit sur le comptoir nous faisant sursauter.



La femme rit de notre surprise:

C'est un marin qui nous l'a laissé, il ne pouvait plus guère s'en occuper. Il est petit, mais si quelqu'un vient l'embêter derrière le comptoir, vous seriez surpris de la puissance de ses cris.

Mahaut veut le caresser, mais la femme arrête son geste:

Il ne vaut mieux pas, il est assez teigneux et mine de rien ses dents sont acérés. Ca reste un petit animal imprévisible. J'ai toujours peur avec les gens qu'il ne connait pas.

Nous acquiesçons en souriant.
Nous enfilons nos manteaux et sortons au grand jour. Très vite nous nous retrouvons au bord du Loir. Tranquillement nous nous promenons. Horloger porte Guillaume, il passe son bras libre autour de ma taille et nous avançons ainsi. Mahaut court plus qu'elle ne marche, devant nous. Elle sait qu'elle doit faire attention.



Il ne fait pas si froid que ça, tout compte fait, et nous apprécions la balade. Les gens que nous croisons sont souriants et nous saluent pour la plupart. Nous arrivons sur la place du marché, ou du moins c''est ainsi que nous la nommons, en voyant tous les marchands installés.
Le marché de La Flèche n'a rien d'extraordinaire. Je regarde les prix, ils sont assez bas pour le pain. Ce qui nous surprend c'est qu'il n'y a aucun poissonnier. Il y aurait des affaires à faire dans ce domaine.

Nous rentrons finalement à la taverne ou nous passons l'après midi à discuter avec quelques autochtones. Guillaume s'est assoupi. Mahaut décide de faire des dessins "pour mes amis de fécamp" dit-elle.

En début de soirée, nous rassemblons nos affaires et reprenons la route. Nous sommes curieux de voir si ANGERS, notre prochaine destination, aura la même triste réputation que toutes les capitales visitées jusqu'à présent.
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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Mer 3 Fév - 20:31

30 janvier 1458

Nous avons chargé la carriole durant la soirée. La Flèche s'est avérée être une ville assez animée, avec des gens en taverne suffisamment dynamiques. Ils ont tous, cependant, froncé les sourcils lorsque nous avons annoncé notre intention d'aller à Angers. Les visages se sont fermés, comme si nous avions annoncé que nous avions rendez-vous avec la Créature sans nom. C'est donc avec une pointe d'appréhension que nous montons dans la carriole, tandis que Mahaut dit à son frère:

"Je te préviens, essaie de te retenir cette fois-ci!"


Cela fait beaucoup rire Guillaume, qui babille tant qu'il peut, et c'est au final dans une ambiance plus détendue que nous faisons route vers Angers. C'est une ville relativement éloignée de La Flêche, aussi nous n'arriverons vraisemblablement pas avant le matin. Matou a prévu de dormir la première partie du trajet, et elle me relaiera lorsque je sentirai le sommeil me gagner. Alambic marche paisiblement, et après un salut au douanier en passant la porte, nous sommes sur la route d'Angers. Le soleil décline, à l'horizon, et Mahaut chantonne, à l'arrière; elle n'a pas encore sommeil. Nous en profitons pour admirer les paysages, et remercions Aristote que le temps ait été aussi clément jusque là. Aucune pluie n'est venue gâcher le voyage, et c'est heureux, car des chemins détrempés seraient vraiment une calamité, et pour nous, et pour Alambic, et pour la carriole. Fort heureusement, les chemins sont parfaitement délimités, et les sillons provoqués par les autres carrioles ont crée un tracé naturel. Cela permet à Alambic de ne pas forcer, les roues de la carriole trouvant naturellement leur place au milieu du chemin. Matou pose sa tête sur mon épaule, et sur un baiser, elle s'endort. Derrière, Mahaut a elle aussi cédé au sommeil, et la nuit tombe doucement sur la lande.
Cela fait un long moment que je mène la carriole, et la nuit noire a tout envahi. De temps en temps, on entend le cri d'une chouette, ou l'aboiement d'un chien, au loin. Mais jusque là, nul brigand sur les chemins. Pourvu que cela dure! Matou se réveille, et me propose que nous permutions. J'accepte, car je commence à sentir la fatigue arriver.
Lorsque je me réveille, la carriole est au poste de douane? Le jour est levé, et nous apercevons les contreforts d'Angers.



Ils sont massifs et semblent d'une solidité à toute épreuve. La poterne de la douane passée, nous entrons dans la halle centrale de la ville. A première vue, peu d'habitants; la capitale semble bien endormie. Matou et moi échangeons un regard qui en dit long. Dans le matin, seuls quelques oiseaux brisent le silence. Matou mène la carriole tranquillement tandis que je passe un bras autour de ses épaules. La ville est toute en longueur, et, sur un côté de la voie principale, nous apercevons une auberge, accolée aux tavernes. Il n'y en a que trois? Pour une capitale? Matou et moi nous regardons à nouveau, et Matou fronce les sourcils. Voilà qui n'augure rien de bon...elle stoppe la carriole, et nous descendons les enfants, qui se réveillent doucement. Matou prend Guillaume, et j'aide Mahaut à descendre. Nous nous retrouvons à l'intérieur de l'auberge; le patron, un homme assez vieux, nous salue d'un signe de tête. Après avoir pris la chambre, Matou dit:

"Les autres tavernes sont où, s'il vous plaît?"


L'homme la regarde, et répond:


"Ben elles sont toutes ici, ma bonne dame!"


Matou et moi réprimons un éclat de rire. Il vaut mieux prendre l'aventure en riant. Et tandis qu'elle emmène les enfants se changer et faire un brin de toilette dans la chambre, je descends les bagages et vais ranger la carriole, avant de laisser brouter Alambic près de l'auvent.

Une fois tout le monde débarbouillé, et le repas pris, nous partons voir la ville. L'aubergiste nous a parlé du château, à voir. Du reste, il est bien visible, dans la ville même, et, arrivés au pied, Mahaut lève les yeux.




"Que c'est haut!" dit-elle, et force est de constater qu'elle a entièrement raison! Le château semble immense. Ses tours sont faites pour défendre, et on sent la solidité de l'ensemble. Pas de fioritures décoratives!
Nous poursuivons la visite de la ville, et commençons à croiser quelques habitants, enfin! La ville se réveille peu à peu. Le quartier est plaisant, et nous déambulons dans des ruelles aux maisons typiques.




Les maisons sont blanches, avec des bardeaux de bois foncé, qui leur donnent du cachet. Matou dit:

"Cela rappelle aussi certaines maisons que nous avons vues dans le Maine, chéri!"

J'acquiesce; décidément, le dépaysement du voyage se retrouve même dans les maisons! l'une d'entre elles fait l'angle d'une ruelle, et porte le blason de la ville.



Cela fait un petit moment que nous marchons, et la fatigue se fait sentir; Mahaut a de la patience, mais dit:

"C'est bien, les visites, mais j'ai faim!"

Matou et moi sourions, et avisons un banc de pierre, au soleil. Il fera parfaitement l'affaire. Matou installe Guillaume sur ses genoux, et Mahaut s'assoit à côté. je reste debout; je préfère que Mahaut et Matou se reposent. J'ouvre la besace, et en tire du pain et du miel. Cela fera un excellent en-cas, qui est dévoré par les gourmands que nous sommes!
Rassasiés, et les forces revenues, il est temps de revenir à l'auberge. Auparavant, nous décidons d'aller voir un bâtiment qu'on aperçoit au loin, mais auquel on ne peut accéder.



La croix indique qu'il doit s'agir d'une chapelle; nous demanderons à l'aubergiste de quoi il retourne.
Mais de retour à l'auberge, nous constatons qu'il n'est plus là. Le jour a baissé, et un coup d'oeil aux tavernes nous indique qu'elles sont vides. ce n'est pas grave; nous verrons un peu plus tard dans la soirée, si toutefois nous ressortons. La visite a été menée tambour battant, et les enfants ont les yeux qui se ferment. Autant rester au chaud...


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matouminou

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Jeu 4 Fév - 18:25

31 janvier/ 1er février 1458

Nous laissons Angers derrière nous, pour prendre la direction de notre prochain arrêt: CRAON. Pour l'instant, nous sommes assez contents de L'Anjou, même si nous n'avons pas rencontré beaucoup de personnes, les quelques unes croisées ont été de sympathiques rencontres.
De plus, nous avons visités de bien jolis lieux.

A Angers, profitant d'un moment où les enfants dormaient et où Horloger se reposait aussi, je suis allée à la bibliothèque de la ville. J'aime beaucoup cet endroit. Certains n'y verront que poussière et vieux livres, moi j'y vois des histoires, la mémoire de certains évènements. J'ai eu la chance, enfant, d'une rencontre exceptionnelle: ma mère, atteinte d'une mauvaise grippe, qui faillit bien la tuer, avait une infirmière qui venait tous les jours. Cette femme, soeur de son état, la veillait, lui faisant boire des potions, massant ses tempes et accomplissant aussi quelques tâches ménagères.
C'est cette femme extraordinaire de douceur et de dévouement, qui m'a appris à lire et à écrire. C'est elle qui m'a offert mon premier livre, un abécédaire que j'ai encore et que je compte offrir à Mahaut pour ses 5 ans.
A la bibliothèque, je me suis un peu renseignée sur la ville de Craon que nous atteindrons au lever du jour.

Je suis tombée sur un livre relatant son histoire:





Le vieux monsieur qui tient la bibliothèque m'a fait sursauter:

C'est l'heure de la fermeture gente Dame,
m'a-t-il dit. j'ai refermé le livre à contre coeur, mais je suis contente, j'en sais un peu plus sur cette ville.
j'ai vite rejoint les enfants et Horlo, m'empressant de lui raconter ce que je venais d'apprendre.

La route est calme, nous ne croisons que peu de gens. Une calèche nous double à vive allure, sans doute quelque noble pressé par une affaire qui ne peut souffrir d'attendre. Je soupire...Horlo met sa main sur la mienne. j'aime la chaleur de cette caresse. Je lui propose de prendre les rênes. Il secoue la tête et me dit que je dois me reposer. Il ajoute que je tousse encore un peu trop. Il est vrai que ce refroidissement m'a bien secouée. Je serre un peu plus mon châle sur mes épaules et je me cale contre mon mari. Pourtant, je n'ai pas sommeil.
A l'arrière, les enfants dorment comme des bienheureux. A plusieurs reprises, nous nous sommes dits que nous avions de la chance d'avoir des enfants aussi gentils et de si bonne composition. Ils s'adaptent à notre rythme, même Guillaume qui est encore petit.

Au détour d'un virage, nous voyons brusquement Craon se dresser devant nous. Des torches en font deviner les contours de la grande muraille. La route nous mène vers la porte principale. La personne qui s'occupe de la douane nous a vu venir de loin. Une petite porte s'ouvre dans l'immense porte en bois massif et une femme apparait. Nous déclinons notre identité et donnons le motif de notre visite. Elle hoche la tête, en effet, elle a nos noms. C'est le maire, auquel Horlo a écrit qui les lui a donnés. Un geste vers les gardiens et dans un long grincement métallique et craquement de bois la porte s'ouvre en grand. Un claquement léger des rênes et Alambic entre dans la ville.

dans le jour qui se lève, nous prenons une ruelle qui suit la rivière que nous traversons.




Puis, très vite, nous repérons une taverne.
Dès que Alambic est libéré de son harnais et qu'il s'ébroue dans le pré, Horlo sort nos affaires et nous entrons dans ce qui s'avèrera être la taverne municipale tenue par une jeune femme du nom de Cunégonde.
Cette dernière nous invite à nous installer. Elle nous propose un plat de légumes et du pain. Nous avons faim et nous acceptons avec plaisir.

Un groupe de personnes entrent, dont la mairesse, Dame Shany, qui vient nous saluer. C'est curieux, mais il n'y a que des femmes, à croire que les hommes sont inexistants. Pourtant, en regardant le ventre de l'une de ces femmes, je me dis qu'il doit tout de même y en avoir.
En les écoutant converser, je comprends qu'elle forment comme une guilde uniquement composée de femmes. Elles ont pour nom: les Canibelles.

Horlo s'occupe de changer Guillaume, tandis que j'emmène Mahaut aux latrines. Puis, nous décidons d'aller visiter la ville.

Nous marchons un peu, et au détour d'une ruelle, nous apercevons un bâtiment sans murs, juste avec un toit porté par 4 grosses poutres. Il règne une effervescence incroyable. Très vite, nous comprenons que c'est l'endroit où l'on teint des pièces de draps.



Nous regardons comment les ouvriers procèdent. Une dame s'approche de nous, nous la saluons et lui posons quelques questions sur ce singulier métier.
Fort aimablement, elle nous explique le travail d'un teinturier:

Nous sommes la plus grande famille de teinturier, la famille Saiguet, vous savez, compte-tenu de la diversité des étoffes, et des colorants naturels, c'est un métier qui est très long à apprendre.
L’art de la teinture est complexe. Vient d'abord le mordançage : on fait bouillir la matière dans un bain d’eau contenant un mordant<; ce sont des cendres végétales, de l'alun, de la rouille, du vinaigre et même de l'urine ! Ce procédé permet de fixer le colorant. Il peut être pratiqué avant, pendant ou après la teinture. Pour la plupart des plantes, la couleur de rendu final dépend essentiellement du mordant qui aura été utilisé. La bourrache sans mordant donne une teinte bleue alors qu’avec un mordant on obtient du rose !
On distingue deux procédés de teinture : par macération à froid ou fermentation, en renouvelant l'opération plusieurs fois afin de renforcer l'adhésion de la couleur, ou par macération à chaud dans un bain où l'on a auparavant fait bouillir les plantes tinctoriales. Concernant celles-ci, il en existe une multitude. On trouve essentiellement de la garance pour le rouge, de la gaude pour le jaune, de la guède et de l'indigo pour le bleu, de la noix de galle et des racines de noyer pour le noir, et diverses variétés de fleurs et de feuilles pour le vert. Les teintes rouge violacé, très recherchées, sont obtenues à partir de lichens qui peuvent aussi donner, par bain d'ébullition, des teintes jaunes et vertes.


Nous admirons le travail de ces personnes. la femme ajoute encore une chose surprenante:

Vous savez qu'il y a encore quelques dizaines d'années, le métier de teinturier était très mal vu. Mes grands parents, par exemple, ont du longtemps cacher leur activité. C'était une profession suspect, l'église y a longtemps vu un caractère diabolique. C'est pour ça qu'aujourd'hui, Les règlements sont très stricts sur l’utilisation des couleurs : en général, un teinturier a en charge une couleur principale et une autre, secondaire, par exemple du rouge et du jaune. Un teinturier de rouge, par exemple, ne s'occupe pas du bleu, et inversement.

Nous hochons la tête étonné.

Elle termine:

Savez vous somment on nous appelle ? Les ongles bleus!! Nous trempons nos mains dans des produits qui donnent cette couleur à nos ongles!!


Nous la remercions et poursuivons notre chemin, toute cette rue est consacrée aux métiers des vêtements et du tissage, semble-t-il, car nous apercevons de nombreuses enseignes de tisserands. Nous entrons dans une boutique où des femmes tissent la laine. Le travail est si délicat et j'admire les pièces de draps qui n'attendent plus que d'être teintés.



Il est déjà tard lorsque nous retournons à la taverne municipale. Tandis que nous rangeons nos affaires, un pigeon apporte un message à Horloger. Je le vois froncer les sourcils. Je le regarde d'un air interrogateur. Il m'explique que c'est Sa Grâce Keur qui lui annonce que la cérémonie pour l'anoblissement va avoir lieu sous peu. Je m'exclame, un peu amère:

Quoi? alors que nous sommes en voyage, voilà que tout à coup il y a urgence??


Puis, je baisse la tête, c'est idiot que je m'emporte ainsi. C'est tout simplement que l'idée d'écourter le voyage me déçoit un peu. Je me reprends:

Excuse-moi chéri. Ma réaction a été un peu vive....

Horloger me sourit et me rassure:

Je ne pense pas que nous devrons rentrer avant l'heure en Normandie, mon coeur, et tu sais qu'il me tient à coeur, autant que toi, de poursuivre ce voyage, notre voyage!!
Je vais écrire à Keur et nous attendrons sa réponse. On pourrait en profiter pour trouver une petite auberge. je rêve de dormir dans un bon lit!!


Je lui souris, ça me va et cela me permettra de retourner voir les tisserands. j'ai repéré une nappe brodée que j'ai hésité à acheter, mais maintenant que nous restons, c'est décidé, dès le lendemain, j'irai l'acheter.

Nous trouvons une petite auberge qui est tenue par une jeune fille et son père. Nous prenons une chambre spacieuse avec une cheminée dans lequel brûle un feu très appréciable.
Dans la soirée, nous sommes retournés à la taverne, où nous avons vu les mêmes femmes que le matin avec un homme toutefois. Mais très vite nous prenons congé, ces gens sont sympathiques mais trop bruyants.

Nous ne sommes pas mécontents de nous endormir dans un vrai lit et nous tombons tous comme des masses.
Le lendemain, nous prenons notre temps pour flâner encore un peu. j'ai acheté la nappe.



Dans le début de l'après midi, Horlo reçoit la réponse de Keur. En effet, rien ne presse, nous pouvons poursuivre notre voyage.
En début de soirée, la carriole est prête. Nous franchissons les portes de Craon en direction de Angers où nous faisons une courte halte, pour qu'Alambic se repose. Puis nous reprenons la route vers la dernière ville d'Anjou: SAUMUR.

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Horloger

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Sam 6 Fév - 19:46

2 février 1458

Nous avons laissé les portes d'Angers derrière nous, et c'est dans le soleil couchant que nous avons mis le cap sur la dernière ville d'Anjou, à savoir Saumur. Nous avons soigneusement vérifié ce qu'il nous restait comme repas, ainsi que nos économies. pas de souci, nous avons de quoi tenir largement jusqu'au retour à Fécamp. Mahaut ne dort pas encore, et c'est assise dans la carriole qu'elles 'amuse avec sa poupée, tandis que Guillaume gazouille gentiment. Alambic avance à son rythme; j'ai pris les rênes pour la première partie du voyage, et je discute avec Matou de cette visite à Craon, ville très intéressante. Les tisserands ont des règles très strictes, que nous n'imaginions pas.
Soudain, Alambic trébuche, et dans un hennissement, stoppe la carriole. Je saute à bas de l'attelage, et vais voir ce qu'il s'est passé. Alambic a fait un faux-pas dans une ornière, et il tient sa jambe avant-gauche en l'air. Je serre les dents, me doutant que cela va compromettre notre voyage. Alambic n'est plus en état d'avancer, c'est clair et net. Je retourne voir Matou, et lui explique la situation, guère brillante. Nous voici au jour déclinant, avec Alambic incapable d'aller plus loin. Matou et moi discutons des différentes possibilités, lorsqu'une carriole, venant d'Angers, approche dans notre direction. L'attelage stoppe, et l'homme qui tient les rênes demande:


"Bien le bonsoir, braves gens! Que se passe-t-il?"

Je lui réponds, tandis que Matou explique aux enfants ce qui se passe:

"Hé bien, notre cheval a fait un faux-pas, et je crains qu'il ne soit blessé. En tout cas, nous voulions aller à Saumur; voilà qui est bien compromis!"

L'homme hoche la tête, et dans la lumière couchante, Matou et moi voyons qu'il est accompagné d'une femme, assise à ses côtés, et que nous n'avions pas vu de prime abord. Ils parlent ensemble à voix basse, puis l'homme dit:

"Si vous voulez, nous pouvons vous emmener; nous allons à Saumur aussi. Nous sommes marchands, et faisons tous les jours le déplacement à Saumur pour y vendre des fruits et des légumes. Si cela peut vous dépanner, avec plaisir!"

Je consulte Matou. Elle a compris que le seul moyen pour elle et les enfants de rejoindre Saumur est de faire le voyage; quant à moi, je dois m'occuper d'Alambic. L'homme ajoute:

"A Angers, il y a un homme qui s'y connaît comme pas deux pour soigner les chevaux. Il s'appelle le père Lothar. Allez le voir de ma part; je suis Pierre Magloire, il vous fera bon accueil, n'en doutez pas!"

Matou essaie de ne pas paraître trop déçue, et retient ses larmes. Je l'enlace tendrement, en lui disant:

"Chérie, tu sais que c'est la meilleure solution. Demain, je pars et vous rejoins, toi et les enfants. d'accord?"

Matou hoche la tête, et dit:

"Oui, mais promets-moi d'être prudent!"

Je hoche la tête. Aucun risque, pour moi. Le marchand et sa femme semblent de braves gens, et je sais Matou suffisamment pugnace pour ne pas s'en laisser conter. A ce moment, la femme dit:

"Si vous voulez, dame, je pourrai vous indiquer une auberge en arrivant à Saumur, c'est ma propre sœur qui la tient; nous irons ensemble, ne vous faites aucun souci, vos enfants seront choyés!"

Matou lui sourit, et répond:

"Je vous remercie, Dame. Allons, puisqu'il faut en passer par là..."

J'aide Matou à embarquer, ainsi que les enfants. Je transfère les bagages; ainsi la carriole sera vide, et ne tentera personne, en la laissant sur le bas-côté. Hors de question de réatteler Alambic; je ne suis même pas certain qu'il pourra rejoindre les portes d'Angers. Je grimpe dans la carriole des marchands, et serre les enfants dans mes bras, en leur disant que je serai là demain. Mahaut commence à pleurer; je lui chuchote:

"Ma petite fille chérie, ne sois pas triste; je suis là demain! Et puis, on doit soigner Alambic, pas vrai?"

Elle hoche la tête, et je lui essuie les larmes sur ses joues. J'enlace Matou avec fougue, et lui chuchote:

"Prends soin de toi et des enfants, chérie! je serai là demain!"

Nous échangeons un baiser passionné, et remercie l'homme et la femme pour leur gentillesse. Je rejoins Alambic, et tandis que Matou et les enfants me font signe, l'homme fait claquer les rênes, et ils disparaissent au tournant.

Je retourne auprès d'Alambic, et dételle la carriole, que je range sur le bas-côté. Fort heureusement, nous ne sommes pas très loin de la porte d'Angers, et je prends les rênes d'Alambic, espérant qu'il pourra avancer. Je me mets à côté de lui, et, guidés par les torches qu'on distingue accrochées à la porte d'Angers, nous nous mettons en route. Alambic claudique, mais avance. Une bonne chose; la blessure ne semble pas très grave, mais il faudra tout de même la soigner. Comment s'appelle l'homme en question? Ah oui, le père Lothar. Restera à le trouver...
Un quart d'heure après, nous sommes au poste de douane. j'explique ce qui nous arrive, et demande au douanier s'il connaît le père Lothar. Il répond:


"Et comment, tout le monde le connaît! Suivez la route, après la place; il habite la maison qui fait l'angle de la rue!"

Je le remercie, et effectivement, quelques instants plus tard, je toque à la porte. la nuit est tombée, et je me prépare à me confondre en excuses, lorsque la porte s'ouvre sur un homme sec et noueux; pas jeune, il tient un chandelier à la main. Je dis:

"Bonsoir Messire...vous êtes Lothar?"

"Si fait!" répond l'homme; "Qu'y-a-t-il pour votre service?"

Je lui explique rapidement notre mésaventure, en expliquant que, dans notre malheur, nous avons eu la chance que Pierre Magloire passe, et me conseille d'aller le voir. A ce nom, le visage de l'homme s'éclaire.

"Que ne le disiez-vous pas plus tôt! Je m'occuperai de votre cheval demain; pour l'heure, il a besoin de repos. menez-le à l'écurie, juste à côté; il pourra se reposer. Et je vous offre l'hospitalité."

Je remercie l'homme; c'est très aimable à lui, et je me dis que je vais certainement le déranger, puis je me ravise. On sent qu'il a l'hospitalité franche et généreuse; pas de faux-semblants chez lui. Après avoir mené Alambic dans l'écurie, et lui avoir flatté l'encolure, je retourne chez le père Lothar. Sa maison est simple et propre; plusieurs chandeliers éclairent la pièce, ou brûle un bon feu. Il dit:

"Je vous montre votre chambre; nous nous occuperons de votre cheval demain. La bonne nuitée à vous!"

Il me tend un chandelier, et me serre la main. Je le remercie chaleureusement, et vais dans la chambre; simple et propre, elle fera parfaitement l'affaire. Autant prendre du repos; la journée de demain risque d'être longue.

Au matin, je me lève de bonne heure, et après une rapide toilette, me voici prêt. Je passe dans la pièce principale; le père Lothar est déjà debout, en train de manger. je lui serre la main, et mange en sa compagnie. Le jour est en train de se lever; pas de pluie au programme, dixit le père Lothar. Nous nous dirigeons ensuite vers l'écurie. Lothar examine la jambe d'Alamic, et dit:

"Rien de grave, une simple foulure. Il lui faudra du repos aujourd'hui, et tout devrait rentrer dans l'ordre. je vais tout de même lui appliquer un onguent."

Il sort de l'écurie, et le caresse l'encolure d'Alambic, fier petit cheval. Lothar revient, et passe sur la jambe d'Alambic une sorte de graisse qui sent fort la menthe. Il entoure ensuite cela avec un tissu bien propre, et laisse Alambic couché, se reposer. Il me dit:

"Ce soir, vous pourrez reprendre la route, mais prudemment; il ne faudra pas le forcer. La carriole sera vide; cela lui fera moins lourd à tirer."

Je hoche la tête, et lui demande ce que je lui dois. Il me regarde, et dit:

"Ne m'offensez pas, Messire!"

Je souris, et lui propose de boire à la santé d'Alambic. Il acquiesce, et quelques instants plus tard, je lui offre à goûter du calva de Fécamp, que j'ai toujours dans ma besace. Il l'apprécie, et nous passons la journée à discuter de choses et d'autres. De temps en temps, il va voir Alambic, et revient.

En fin d'après-midi, je le suis. Alambic est debout, et semble marcher convenablement; à peine sent-on un léger boîtillement. Je remercie l'homme chaleureusement, et lui dis:

"Je vous ai laissé la bouteille de calva; vous la boirez à la santé d'Alambic!"

Il hoche la tête en souriant, et sur une franche poignée de main, nous nous séparons. Je franchis à nouveau les portes d'Angers, et j'attelle la carriole, toujours sur le bas-côté. Alambic ne faiblit pas, et une fois que je me suis hissé sur le siège en bois, je fais doucement claquer les rênes; Alambic avance tranquillement, et nous laissons Angers derrière nous. La nuit n'est pas encore tombée, mais je ne veux pas fatiguer Alambic; il avancera tranquillement, à son rythme. Nous ne croisons guère de monde, durant la nuit, et c'est au petit matin que nous rejoignons les murailles de Saumur. Je fais halte à la douane, et décline mon nom. le douanier hoche la tête, et m'informe que Matou a déjà signalé, la veille, mon arrivée probable. Je souris; ma femme est toujours aussi prévenante,e t même dans les coups durs, sait faire preuve de sang-froid. Je remercie le douanier, et avance lentement sur la place. Les ruelles sont éclairées par des torches, accrochées ça et là; je distingue des enseignes de taverne. Au petit jour, c'est difficile de bien y voir. Je stoppe la carriole devant l'une d'entre elles, et j'entends Mahaut crier:

"C'est papa, c'est papa!"

Je saute à bas de la carriole, et après avoir attaché Alambic, et lui avoir caressé l'encolure, je pousse la porte. Matou est là avec les enfants; quelle belle vision! Je prends Mahaut dans mes bras, qui a couru vers moi, et lui fais un gros bisou; puis je fais un bisou à Guillaume, encore endormi, et j'embrasse ma femme avec fougue, heureux de la revoir. Je lui explique comment le père Lothar a remis sur pied Alambic, et que le voyage s'est bien passé. Matou et moi sommes soulagés et heureux de nous retrouver, et nous profitons de cet instant en compagnie de nos enfants. L'auberge est accueillante, avec un feu qui pétille dans l'âtre. La propriétaire n'est pas là; Matou m'explique qu'elle lui a dit, la veille, qu'elle arriverait dans la matinée. Elle lui a donné une belle chambre, sur recommandation de la marchande. Je ne suis pas fatigué, aussi nous nous installons à table pour manger, après que je sois allé installer Alambic dans une stalle qui jouxte l'auberge. Un auvent , situé de l'autre côté, accueille la carriole, et c'est avec bonheur que je retrouve ma femme et mes enfants pour partager le déjeuner. L'aubergiste a laissé du pain, du lait, et des fruits. Voilà qui fera un repas plus que convenable. la cheminée dispense sa douce chaleur, et je me détends, heureux d'être arrivé. Matou pose sa main sur la mienne, et je l'enlace, tandis que Mahaut dit:

"J'ai faim, moi!"

Nous rions de bon cœur, ce qui réveille Guillaume, qui se met à gazouiller. je lui refais un bisou, et Mahaut lui prépare un biberon, tandis que je coupe des quartiers de pomme et de poires d'hiver, des passe-crassane, pour Mahaut. Je coupe ensuite des tranches de pain, et les distribue à tout le monde, et le repas se déroule dans la joie de se retrouver ensemble.
Le repas terminé, Matou change Guillaume, et je vais habiller Mahaut, puis nous décidons d'aller voir la ville ensemble. Matou me dit:


"J'ai juste fait une visite rapide, chéri...je n'ai rien trouvé de bien folichon, et puis...je n'avais pas la tête à ça!"

Je lui souris, et l'enlace, et nous commençons à parcourir la ville dans la lumière du matin. Peu de gens; et la masse du château se dresse devant nous. Nous allons voir de quoi il retourne.




C'est une énorme bâtisse, que nous ne pouvons pas approcher. de larges douves en interdisent le passage. Nous poursuivons donc notre route, et revenons au cœur de la ville. L'église est ouverte, et malgré les protestations de Mahaut, nous y entrons.

Levant la tête, nous détaillons les plafonds, et les sculptures.





Nous ressortons, et notons une chose que nous n'avions pas vue: le blason de la ville, scellé sur le mur d'enceinte.




En sortant de l'église, nous nous dirigeons vers le marché. Mahaut est heureuse, et gambade dans la ruelle. Nous sommes surpris des marchands de vin qu'on voit à ce marché, et, faisant la remarque à haute voix, l'un d'entre eux nous dit:

"Mais le vin, à Saumur, c'est sacré! Allez donc visiter une cave, juste à côté!"

L'homme désigne une bâtisse assez basse, à l'enseigne en forme de bouteille; Aussitôt dit, aussitôt fait, et nous entrons. Un parchemin à l'entrée rappelle l'histoire du vin à Saumur.


***

L'histoire du vin à Saumur s'étale de l'époque gallo-romaine à nos jours. En effet, on dit que c'est Saint-Martin, mort en 397 à quelques kilomètres de Saumur dans le village de Candes situé sur les bords de Loire, qui a apporté l'un des deux principaux cépages du saumurois, à savoir le chenin. Le second est le cabernet, appelé jadis "breton" car rapporté dans la région par des moines du Morbihan vers 990. Les avis sont pourtant partagés, et de nombreux spécialistes pensent que le chenin est un cépage sélectionné sur place à partir de souches sauvages.

C'est en 1025 que commence vraiment l'histoire du vin à Saumur. A cette époque, les moines chassés du château s'installent dans les grottes de Saint Florent devenues aujourd'hui des caves.

En 1066 avec la permission de Geoffroy-le-Barbu alors Comte d'Anjou, les moines commencent la déforestation du coteau qui s'étend de Saumur à Montsoreau. La forêt, qui donnait toute sa splendeur au coteau depuis des siècles, va alors peu à peu céder sa place à la vigne.

Bientôt d'autres religieux s'implantent autour de Saumur: Templiers d'Aunis, Cordeliers à Champigny, ils contribueront également au développement de la vigne.

La ville de Saumur avait alors tous les atouts pour assurer la prospérité de ses productions viticoles. Un terroir adapté, le côteau, et un fleuve, la Loire qui avec ses nombreuses gabares allait assurer le transport et donc l'exportation du vin. Dès le XII siècle la ville était célèbre pour ses vins.

En 1241, pour la célébration de l'entrée en chevalerie de son frère, Saint-Louis fit organiser à Saumur une fête ou le vint coula à flot pour 3000 chevaliers et évêques venus de toute l'Europe.

***


Nous remarquons aussi la petite illustration montrant les vendanges:




Nous ressortons; sans toutefois acheter de vin. Il nous reste encore du calva, et il est incomparable! Nous retournons à l'auberge; après le repas, il sera temps de charger la carriole, destination: Chinon, et la Touraine!

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Mahaut

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Lun 8 Fév - 21:14

L'auberge dans laquelle elle se trouvait, avec ses parents, était plutôt jolie et surtout, la jeune fille, qui les avait accueillis, était très gentille. Du haut de ses presque 5 ans, Mahaut lui avait affirmé que l'auberge que tenait Idryl, la maman de son copain Rody ...elle avait failli dire, de son prince charmant, était la plus belle de toutes celles qu'elle avait pu voir. Mais elle avait ajouté très vite :

Celle-ci est la deuxième plus belle....


la jeune fille qui s'appellait Louison, avait souri, pas vexée pour deux deniers. Un pigeon était alors entré par la fenêtre entrouverte et s'était posé devant Mahaut. la fillette aimait bien ce que son père appelait "ces sales bestioles". Elle avait même appris qu'il existait des pigeonniers. c'était Erwan qui le lui avait dit:

"C'est une grande tour, pleeeeeeine de pigeons!!!" avait-il affirmé. Elle avait froncé les sourcils, imaginant son papa là-dedans et cela l'avait fait rire.
Justement, il avait aperçu le pigeon et il le regardait avec une grimace. Tandis que maman détachait le petit mot de sa patte, Mahaut avait attrapé sa besace et cherchait un vieux morceau de pain qu'elle avait encore vu le matin même. Ne le trouvant pas, elle la vida sur le banc. elle regarda étonnée elle-même, de voir tous les choses qu'elle avait accumulé, c'est pour ça qu'elle était si lourde. Elle prit le morceau de pain et se dit qu'elle ferait le tri après.

Elle l'émietta sur la table, jetant un oeil à son papa qui s'était replongé dans son parchemin, puis sur Guillaume qui jouait avec ses cubes sur la petite couverture que maman avait posé au sol.
A sa grande surprise, maman lui dit:

-C'est un courrier pour toi, ma chérie...de la part de Alkémie! Elle a répondu à la lettre que nous lui avons envoyée.

Mahaut sourit:

-Chouette, tu me la lis maman, s'il te plait?

Elle regarda le pigeon qui picorait avec avidité le pain, et vint se blottir contre sa maman, pour écouter ce que lui racontait son amie.
Maman commença :

Citation :
coucou mahaut

je vois ton voyage se passe bien tant mieux,t'ai parent te donne la fessé aussi il profite par ce que on et petite .pas juste, tu sais pour le bal ben je me suis sauvé de la nounous pendent quelle dort et suis aller toute seul au bal.en cachette j ai regardé au carreau j ai vu du monde et papa qui manger comme toujours . puits on ma surprise un homme ma vu, en plus a cette homme je lui avais lacet ces chaussure ensemble, mais il a était gentil il a rien dit a papa .il voulais me raccompagné a la maison mais je lui et dit que je voulais resté et regardé comment c'était un bal.en plus il ma fait rentré dans la salle en cachette , me suis mise dans un coin, et je regardé tout le monde puits comme ça je pouvais surveillé papa sans qui le sache.pour ta poupée ces triste , mais faut pas aller voir lave , moi j ai était voir Montana il et vraiment gentil il a guerri lily qui était malade. suis contente pour ton frère qui commence a marcher il pourra courrire avec nous.je vais finir par torde le cou de ronchon jobart , il m'embête en plus il fait exprès de piquet les boulot que papa mais le soir pour moi , il a dit qui faisait exprès il profite que je suis petite mais je vais me vengeai.

j ai jamais gouté de bière,
dit a t'ai parent a Fécamp ça va
que papa leur dit bonjour ,

je te fait plein de bisou a ton frère et a toi mahaut

et tu en fera des bisou a t'ai parent pour moi

alkemie

Mahaut se mit à rire:


-Elle a désobéi en allant au bal, si son papa savait ça!!! On lui répond maman?

Sa mère hocha la tête et sortit un parchemin, une plume et une petite fiole d'encre de sa besace. Elle trempa la plume dans l'encre et dit à Mahaut:

- Je t'écoute fillette!

Mahaut prit une profonde inspiration:

"Ma chère copine,

Tes nouvelles m'ont rendu la joie qui me quittait au fur et à mesure que nous nous éloignions de Fécamp....je...."


Elle dut s'interrompre car maman avait cessé d'écrire:


- Mahaut? tu ne crois pas que tu exagères un tout petit peu?

- Mais maman, c'est vrai que je suis triste parfois...Fécamp me manque...

Matou hocha la tête:

- Je comprends, ceci dit, il ne me semble pas que tu sois au désespoir, tout de même!

C'est quoi le désespoir maman?
-
Le désespoir c'est quand tu es tellement triste que plus rien ne te fait sourire...même pas tes amis et les choses auxquelles tu tenais pourtant!

Ce fut au tour de Mahaut de hocher la tête. La petite fille se mit à rire:


- D'accord, bon j'aime encore beaucoup la tarte aux pommes, mes amis et toi et papa...et mon frère, alors je suis pas au désespoir....Tu écris alors:


Citation :
"Ma chère copine, je suis contente que tu m'aies écrit. Quelle chance que tu aies pu aller au bal!! Même si tu n'as pas pu danser, tu as du voir de belles dames avec de belles robes. Nous, on continue de visiter des villes, des églises et des marchés. Hier on est allés voir des vignerons. Que des choses pour les grands!
Ce matin, je m'ennuyais un peu. maman s'occupait de Guillaume et papa écrivait des courriers. Alors, en regardant ma poupée, tu sais, celle qui s'appelle Malice, et ben, j'ai trouvé qu'elle avait les cheveux très emmêlés. J'ai essayé de la coiffer, la pauvre avait mal...alors, il y avait un couteau qui était sur la table et pendant que maman et papa ne regardaient pas, je l'ai pris et je lui ai coupé ses cheveux. j'ai fait très attention à bien lui couper. c'était pas facile. Seulement, j'ai pas pu finir, maman m'a surprise. Tu peux pas savoir comme elle m'a grondée, mais j'ai pas reçu de fessée, car, elle a dit que jétais bien assez punie comme ça, parce que maintenant ma poupée est affreuse...et puis, tu sais quoi? ben ses cheveux repousseront jamais...ce qui me rend triste quand même. Papa était d'accord avec maman quand elle a dit que le plus grave, c'est que j'aurais pu me couper.
Sinon, tout va bien, je sais que tu vas bientôt partir en voyage alors on ne se reverra pas tout de suite, moi, je reviens dans tous les doigts des deux mains!!
Passe le bonjour à ton papa de notre part et à ta tata aussi.
Pour la bière, ne goute jamais ça!! C'est pas bon du tout, d'ailleurs papa et maman n'en boivent pas!!!
je te fais de grosses bises

ta copine Mahaut"

- Maman? je vais aussi lui faire un dessin!!

Mahaut prit le parchemin sur lequel maman avait écrit, c'était joli toutes ces lettres, elle aussi, un jour, elle écrirait comme ça...elle s'appliqua à faire un joli dessin mais c'était pas facile parce que la plume s'accrochait parfois au papier, au bout d'un moment, elle s'arrêta et regarda , satisfaite, le dessin...

- Voilà!! c'est fini!!


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matouminou

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Mar 9 Fév - 9:13

Le 5 février

Je dois avouer que j'ai été un peu inquiète avec cette blessure d'Alambic. Et puis, le fait de me retrouver, seule avec les enfants, dans une ville inconnue...Je n'aime pas ça...déjà à Fécamp, lorsque Horloger s'absente...enfin, ceci n'est plus qu'un mauvais souvenir, tout est rentré dans l'ordre.
Aujourd'hui, nous sommes en Touraine, à Chinon. Il fait déjà grand jour et c'est moi qui mène la carriole. De loin, j'aperçois la ville et ses remparts.




J'aperçois le poste de douane. Il faut cependant traverser le fleuve qui, un panneau nous l'indique, se nomme la Vienne.




Il fait froid mais le ciel est bleu. Ce qui nous change de ces derniers jours de grisaille.
Comme à notre arrivée dans chaque ville, notre priorité est de chercher une taverne. Horlo s'étire, il a bien dormi. derrière moi, la petite voix fluette de Mahaut demande:


On est arrivés? C'est quoi le nom de la ville?


Tandis que son père lui répond, je regarde autour de moi...pas la moindre enseigne de taverne. Je fais avancer Alambic au pas.
Enfin, au détour d'une ruelle, une grande bâtisse s'élève.


- Regarde chéri, il semblerait que ce soit une auberge.


Mon mari hoche la tête. J'arrête la carriole juste devant et admire la demeure qui est, en fait, une hostellerie:




L'endroit me plait, et il semble plaire à Horloger. c'est Mahaut qui nous décide:


On dirait un château...ohhhh...j'adorerais aller voir comment c'est dedans!!


Je regarde Horloger et nous rions tous les deux. Après tout, il restera peut-être une chambre de libre...nous avons besoin de nous reposer et surtout de faire un peu de toilette.
Tandis que Horlo prend les rênes , je demande à Mahaut de rester tranquille. d'abord, je vais aller me renseigner.
L'homme qui m'accueille, est fort courtois. je le salue, un peu gênée. Je dois avoir une tête épouvantable et mes vêtements sont froissés. Qu'à cela ne tienne, je lui explique que nous voulons une chambre afin de nous reposer. Il me sourit et me dit que nous avons de la chance, il en reste une. Il me montre une grosse clé:


La chambre princière vous conviendra surement!!


Je souris...rien que ça!! j'en connais une qui va être ravie.
L'homme s'enquiert de savoir si nous avons un véhicule. Je lui réponds que oui. Aussitôt, il claque dans ses mains et un jeune palefrenier arrive. Il comprend tout de suite et je n'ai pas le temps de ressortir que Mahaut entre, suivie de Horloger qui tient Guillaume dans ses bras.

L'homme s'incline et nous prie de le suivre, ce que nous faisons. Nous montons un escalier majestueux et empruntons un couloir non moins majestueux. Il s'arrête devant une porte. Il s'incline de nouveau en nous disant:


Je vous souhaite un agréable séjour en nos murs!

Puis, il ouvre la porte et s'efface pour nous laisser entrer. Je dois dire que je reste bouche bée en découvrant la chambre.



Nous entrons timidement. je savais, pour avoir lu des descriptions de châteaux que de tels chambres existaient, mais je ne pensais pas avoir la chance d'en voir une. Mahaut court vers le lit en s'exclamant:

Qu'il est beau!!

Une servante arrive, fait une petite révérence et dépose nos besaces puis entreprend de faire du feu. une autre apporte un broc rempli d'eau chaude. Je la remercie. cela va être un régal de se laver.
Nous prenons nos aises. On s'habitue vite à la vie de château.

Un long moment plus tard, après nous être habillés de vêtements frais et nous être restaurés de pain et de miel, nous décidons d'aller visiter Chinon.
Nos pas nous guident vers le château, demeure, depuis des siècles de la famille des Comtes de Blois , des Comtes d'Anjou puis des Plantagenets.
Nous ne pouvons guère visiter le château, mais juste à l'entrée, est exposée une maquette et un plan.




En levant les yeux, nous découvrons une tour endommagée. Il semblerait que ce soit un ancien moulin, j'en reconnais la construction.



Nous nous arrêtons dans une taverne car le beau ciel bleu du matin s'est assombri et il tombe maintenant une petite pluie fine. Le tavernier nous salue et nous lui parlons du château. Il nous apprend que c'est ici même qu'a eu lieu la première rencontre entre Jeanne d'Arc et Charles VII.
Jeanne d'Arc est arrivée à Chinon, en provenance de Sainte Catherine de Fierbois, le 1er mars 1429. Aprés avoir consulté son Conseil, le Roi Charles VII décide de la recevoir dans la Grande Salle du Chateau. La rencontre a eu lieu quelques jours plus tard, Jeanne lui a fait part de sa mission: Libérer Orléans et le faire couronner à Reims.


J'étais gamin à l'époque, mais je m'en souviens comme si c'était hier, vous pensez, c'était une visite sous haute surveillance. je l'ai même aperçue, moi La Jeanne, juchée sur son destrier, tout en armes, fière mais sans prétention. Elle souriait et nous saluait. Il y en avait des chevaliers autour d'elle.
Quel triste destin!! saleté d'anglois! Elle est repartie le le 25 avril 1429 en direction de Tours. On dit qu'elle a rejoint ensuite Blois puis Orléans.


Nous hochons la tête et le remercions pour ce petit récit. C'est tellement émouvant de savoir que moins de trente ans en arrière, l'Histoire d'une femme s'est scellée ici même.
Il ne pleut plus aussi décidons nous de repartir pour retrouver notre hostel. Nous admirons de belles maisons à la façade de pierre ou encore de colombages:






De retour dans notre chambre, nous nous reposons. ce n'est que tard dans la nuit que nous quittons ce lieu magnifique, à regret, je dois dire.
La carriole est prête. La veille, Horlo a veillé à changer la paille qui en recouvre le sol. Les couvertures sont propres. Une fois tout le monde installé, Alambic pousse un petit hennissement comme pour dire:


Alors? on va où cette fois?

Je ris et songe que demain, nous serons à LOCHES.


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Horloger

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Jeu 11 Fév - 23:44

Le 6 février 1458

Nous avons embarqué dans la soirée, quittant un peu à regret cette magnifique ville qu'est Chinon. Ville chargée d'histoire, et très agréable. La chambre princière est encore dans nos esprits, et lorsque Mahaut s'installe sur la paille installée sur la carriole, même les épaisses couvertures n'y font rien; elle dit:

"J'espère qu'on sera vite rentrés; il me tarde de retrouver mon lit, parce que la carriole...c'est drôlement dur!"

Matou se penche, et lui sourit, avant de lui caresser la joue et de lui répondre:

"Ne t'inquiète pas, ma chérie, nous serons vite rentrés; nous sommes maintenant sur le chemin du retour. Essaie de t'endormir."

Mahaut hoche la tête, et quelques instants plus tard, Guillaume et elle dorment profondément. J'ai pris la précaution de rabattre les bâches de cuir, et même de plaquer des bottes de paille à l'intérieur de la carriole, contre les bâches, afin d'empêcher l'air d'entrer. En effet, depuis l'après-midi, il souffle un vent froid qui nous glace jusqu'aux os, et nous avons passé la soirée dans l'auberge, près du feu qui dispense une bonne chaleur. Matou a d'ailleurs étendu les couvertures devant le feu, afin qu'elles soient bien chaudes pour les enfants, car nous avons été seuls durant la soirée, et avons pu profiter de la cheminée pour nous tous seuls. Luxe appréciable! Car même s'il est bien agréable de nouer de nouvelles discussions avec des gens inconnus, nous aimons aussi la tranquillité paisible que procure une auberge vide.

Dans le soir qui tombe, je fais doucement claquer les rênes, et alambic avance tranquillement. Le poste de douane est passé sans encombre, et nous nous laissons porter, Matou et moi, par le pas assuré d'Alambic. Le paysage se fond doucement, et, entre chien et loup, il devient difficile de distinguer quoi que ce soit. De temps à autre, nous entendons un chien hurler à la mort, ou une chouette siffler, posée certainement sur un piquet de clôture. Chinon est maintenant loin derrière, et Matou, bien calée contre moi, et emmitouflée dans son châle et dans une épaisse couverture de laine, s'est endormie. Je songe que nous avons eu beaucoup de chance, jusque-là: aucune mauvaise rencontre, et au final, nous avons fait connaissance avec des gens pour la plupart fort intéressants. Nous allons ramener, à n'en pas douter, de beaux souvenirs de ce voyage!

Au matin, nous arrivons au poste de douane. Matou s'est réveillée dans la nuit, et m'a demandé si je voulais qu'elle me relaie, mais à vrai dire, je ne suis pas fatigué. A plusieurs reprises, j'ai certainement sombré dans le sommeil, laissant Alambic avancer tranquillement. Ce petit cheval est vraiment un cadeau précieux, et je songe qu'il faudra remercier Pardy, en rentrant à Fécamp. Il a eu une idée de génie en nous offrant ce cheval!

Le jour se lève lorsque nous apercevons les contreforts du château de Loches.



Cela semble être une bâtisse très imposante, et après être entrés dans la ville, nous cherchons, comme à l'accoutumée, les auberges. Un villageois nous indique qu'elles se situent dans le prolongement de la rue principale; on ne peut pas les louper. Tandis que je le remercie, Matou s 'occupe des enfants, qui se sont réveillés, car le villageois, qui possède un fort accent, a une voix de stentor.
Une centaine de toises plus loin, nous apercevons en effet les auberges; elles sont groupées de part et d'autre de l'avenue principale. L'une d'entre elles, cependant, est un peu à l'écart, et après un regard vers Matou, celle-ci me fait comprendre que cette auberge sera parfaite; pourvu qu'il reste des places!



L'intérieur de l'auberge est à l'image de l'extérieur: paisible. J'ai parqué la carriole et Alambic, et nous sommes allés voir, Matou, les enfants et moi, s'il y avait moyen d'y avoir une chambre. l'aubergiste, gros homme rougeaud, nous dit:

"Mais parbleu, bien sûr que j'ai une chambre: Je vais vous donner celle qui donne sur l'arrière; non pas qu'il y ait du bruit, mais vous verrez la nature, ainsi!"

Nous le remercions, tandis qu'il tend les clefs à Matou. Je porte Guilaume, et donne la main à Mahaut, et quelques instants plus tard, nous voici dans la chambre. Spacieuse, certes moins luxueuse que celle de la dernière nuit, mais très propre et bien plus grande que celles que nous avons eu jusque là. Il y a même un petit lit de bois, qui conviendra tout-à-fait pour Guillaume. Pendant que Matou le change, et habille Mahaut, non sans lui faire faire un brin de toilette, je vais chercher les bagages. Je me contente de les mettre près de l'entrée, d'autant que l'aubergiste garde un œil dessus. Il m'indique qu'il a une stalle pour Alambic; et que la carriole peut très bien rester dans la cour. je le remercie, et vais mener Alambic dans l'écurie qui jouxte l'auberge. Une fontaine, à proximité, me permet de me débarbouiller sommairement; l'eau est cependant glaciale, car le petit matin qui se lève voit une fine gelée blanche recouvrir le sol.
Lorsque je rejoins Matou et les enfants, tout le monde est attablé, et l'aubergiste coupe de belles tranches de pain. Il pose également un broc en grès rempli de lait chaud, un pot de miel, et des fruits qu'il a, dit-il, cuisinés en compote la veille. Nous le remercions chaleureusement, et il hoche la tête en souriant. Il respire la bonhomie, et on sent qu'il aime recevoir les visiteurs. Nous mangeons tous de très bon appétit, près de la cheminée dans laquelle une grosse bûche pétille, jetant des gerbes d'étincelles dans le conduit. Matou dit:

"Chéri, je propose que nous attendions un peu avant d'aller faire un tour; il fait si bon ici..."

Je hoche la tête, et réponds:

"Avec plaisir, chérie, d'autant plus qu'avec le lever du soleil, il est en train de geler très fort!"

Du reste, les vitres de l'auberge, toutes embuées qu'elles soient, laissent voir des fleurs de givre qui s'accrochent à l'extérieur. Mahaut crie:

"Chouette, on va pouvoir jouer ici!"


Matou lui dit:

"On ne crie pas, d'accord?"

Mahaut baisse la tête, mais en souriant. Il est vrai que les enfants, pour petits qu'ils soient, ont toujours suivi sans rechigner; ils ont bien droit à du repos, qui sera salutaire pour tout le monde. La matinée se déroule ainsi; l'aubergiste sort à plusieurs reprises pour aller récupérer des denrées qui lui sont livrées, comme de la viande, du lait, des légumes secs...Mahaut et Guillaume jouent tranquillement près du feu, et Matou et moi en profitons pour regarder la carte,et écrire quelques courriers. Nous donnons des nouvelles régulièrement à ceux de Fécamp, et nous en recevons tout aussi régulièrement. cela fait chaud au cœur d'avoir des nouvelles de nos amis!

La matinée écoulée, nous décidons d'aller faire une petite sieste réparatrice. Guillaume s'est endormi sur la couverture, et Mahaut baille. Je rassemble tous les jouets, et après avoir salué l'aubergiste, nous allons nous reposer.
Nous nous réveillons frais et dispos. Un franc soleil, mais pâle comme le sont les soleils d'hiver, éclaire le paysage que nous voyons par la fenêtre. Il est temps d'aller visiter un peu la ville.

Les ruelles en sont étroites, et sinueuses; bordées parfois de hauts murs.



Un peu plus loin, nous apercevons, au loin, les contreforts du château, avec, près de nous, un jardin qui nous rappelle nos champs, à Fécamp.



Nous contournons ce charmant jardin, et après un peu de marche, arrivons à avoir une vue d'ensemble du donjon. L'ensemble est très imposant; massif, comme taillé d'un bloc.



Il y a possibilité d'avancer, et nous ne nous privons pas. Une petite ruelle se poursuit vers une aile du château; nous n'osons pas nous y engager, mais avons une vue qu'on ne voit jamais d'habitude.



cela débouche sur un chemin de ronde. Matou explique à Mahaut que cela sert à vérifier qu'aucun brigand ne vienne prendre le château; le chemin de ronde permet de patrouiller tout autour.

Nous rebroussons donc chemin, mais la cour au pied du donjon semble libre d'accès; nous avançons.



Le jour décline, cependant, et nous rentrons à l'auberge. L'aubergiste nous sert un repas chaud, car dehors, le froid se fait plus vif, et le ciel est devenu gris uniforme; peut-être que nous allons trouver de la neige. Nous lui racontons que nous avons visité un peu le château; il nous sourit, et nous dit:

"Prenez ce plan; en souvenir de votre passage à Loches!"



Nous le remercions chaleureusement, et après avoir chargé les affaires, montons dans la carriole. Prochaine étape: Tours, la capitale!



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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Sam 13 Fév - 0:31

7 et 8 Février

La route jusqu'à Tours s'est déroulée sans encombre. Nous avons croisé quelques marchands ambulants, qui après s'être, sans doute, ravitaillés à la foire de la capitale, partent dans les petites villes environnantes, pour y vendre leurs produits.
C'est dans la lumière blafarde du jour qui se lève, que nous avons aperçu Tours. Nous nous sommes présentés à la douane, passage obligatoire pour entrer dans chaque ville.




Les capitales sont toujours bien gardées et souvent, les douaniers contrôlent tout en détails. C'est le cas ce matin-là. le douanier examiné avec soin nos papiers, puis demande à Horloger d'ouvrir la bâche. Mon mari s'est exécuté de bonne grâce, il a été douanier puis chef douanier, et sait précisément que ce poste est un poste clé et que souvent, il permet de repérer des personnes n'ayant pas toujours de bonnes intentions. Hélas, je l'ai aussi souvent entendu pester contre le travail pas toujours bien fait. Certains douaniers manquent de conviction et laisser entrer n'importe qui.
Cependant, nous sommes en règle. En voyant les enfants paisiblement endormis, je remarque que l'homme a un petit sourire.
Il nous souhaite un agréable séjour et une bonne journée. Nous le remercions.
D'un commun accord, nous décidons que nous ne visiterons pas Tours car il fait trop froid. En l'espace de deux jours, l'hiver a repris ses droits, comme pour nous prévenir que le printemps n'est pas encore pour demain.
Avec adresse, Horloger mène la carriole à travers les ruelles. Au détour d'une rue, nous apercevons la cathédrale



Nous ne nous attardons pas, admirant cependant l'imposante architecture.
Puis, passant la place, nous empruntons une ruelle. Je regarde les façades des maisons, à la recherche d'une enseigne de taverne.



Nous avons du remonter toute la rue pavée pour enfin trouver notre bonheur.
Il était temps, Mahaut et Guillaume se sont réveillés en même temps et commencent à râler. Je leur demande de patienter un peu. Encore une poignées de minutes et nous allons être bien au chaud au coin d'un feu et nous pourrons nous restaurer.

La journée file sans que nous ayons le temps de nous ennuyer. Mahaut s'amuse avec ses poupées, Guillaume avec ses cubes. Quant à nous, nous avons fait des courriers et nous avons aussi discuté avec quelques rares personnes qui faisaient une halte brève pour se réchauffer. En fin d'après midi, nous avons décidé de partir. Notre prochaine étape est la dernière ville de Touraine, Vendôme. Le tavernier nous assure que nous y seront rapidement et nous donne l'adresse d'une auberge, tenue par un bon ami à lui:

- Vous y trouverez une chambre sans souci! demandez qu'elle ait vue sur le Loir...vous verrez c'est magnifique.


Nous le remercions et nous nous mettons en route alors que le jour décline.
C'est tard dans la nuit que nous atteignons Vendôme. Le voyage s'est bien passé, nous n'avons croisé qu'une patrouille de soldats, surement les défenseurs de la ville.
La douane n'est qu'une formalité. Nous donnons au douanier le nom et l'adresse de l'auberge recommandée par le tavernier, et fort aimablement il se lance dans des explications un peu compliquées. Je lance un oeil sur mon mari qui hoche la tête. j'avoue que, moi, je n'ai rien compris.
Lorsque nous repartons, non sans avoir remercié l'homme, Horlo me dit en riant:


- chérie? tu as bien noté comment on devait y aller? parce que moi....je n'ai pas tout suivi...


J'éclate de rire. Heureusement des torches, accrochées ici et là aux murs des maisons, nous éclairent. L'homme nous a parlé d'une statue, en nous disant que tout de suite après nous devions prendre la ruelle à droite. C'est ce que nous faisons. Ensuite Horlo se souvient qu'il a mentionné une place avec, en son centre, une fontaine et l'église derrière.


En effet, nous la traversons pour aboutir dans une petite rue étroite. Au milieu, une grande bâtisse qui surplombe un pont. Nous devons y être, et en effet, nous devinons le Loir qui passe en dessous. L'enseigne, éclairée par une torche, nous apprend que c'est bien là. Horlo range la carriole afin de ne pas gêner le passage. Il verra avec l'aubergiste pour Alambic. J'entre avec les enfants. Il y a encore quelques personnes attablées. L'aubergiste, un homme affable et souriant, vient vers nous. Nous lui disons que nous venons de la part de son ami tavernier à Tours. Il rit en nous disant:

Ce brave Marc Hassin!! comment va-t-il le bougre? venez, venez vous réchauffer...sont bien mignons ces petiots...mais ils tombent de sommeil...je vais vous donner ma meilleure chambre...il jette un oeil par la fenêtre et ajoute, je m'occuperai de votre cheval, n'ayez crainte....

Un homme qui l'a entendu l'apostrophe:

Tu dis ça à tous les voyageurs, toutes tes chambres sont les meilleures!!

Notre aubergiste hausse les épaules:


Hey!! ben c'est que ça doit être vrai!!


Nous le suivons en riant, et il nous emmène dans une chambre petite mais coquette. Il y a un grand lit et un plus petit. Idéal pour Mahaut et Guillaume.
Il nous souhaite la bonne nuit et nous en faisons autant. C'est vrai que nous sommes fatigués. Je déshabille rapidement les enfants et je les couche. Horlo a mis les vêtement un peu humides sur des chaises, dos à la cheminée. Ainsi, demain, ils seront bien secs et chauds. Nous embrassons Mahaut et Guillaume qui déjà sont partis au pays des rêves. Puis, à notre tour, nous nous glissons entre les draps.

Ce sont des cancanements qui nous réveillent. j'ouvre les yeux, étonnée....des canards? mais où sommes nous?
Je reprends mes esprits...à Vendôme, dans une auberge...mais pourquoi des canards? Je me lève et ouvre un peu la lourde tenture qui masque la petite fenêtre. je jette un regard dehors, et je comprends.



En effet notre chambre surplombe le Loir. En me penchant un peu, je vois les responsables qui nous ont tirés du sommeil!


Je souris et soulève Mahaut qui m'a rejointe pour qu'elle les voit. Guillaume est aussi réveillé. Nous nous habillons après avoir fait une petite toilette, puis nous décidons de descendre dans la grande salle pour manger. Le tavernier est là et il nous accueille avec un large sourire:

Alors bien dormi? vous devez être affamés...voyons voir...j'ai une tarte aux poires et du lait encore tiède.

Mahaut laisse échapper un "miammm" retentissant.


Hum...je vois que nous avons à faire à une connaisseuse...installez vous et je vous apporte tout ça.

C'est ce que nous faisons immédiatement, l'homme est fort aimable, le repas est délicieux et il fait bien chaud. nous laissons s'écouler la matinée et c'est seulement en début d'après midi que nous allons nous promener un peu. Nous arpentons le marché et ses produits qui apportent de la couleur dans la grisaille de la journée. Il fait froid mais nous sommes bien couverts.


Puis tranquillement nous nous baladons le long du Loir et nous remontons vers notre lieu d'hébergement que nous découvrons maintenant en plein jour. L'endroit a beaucoup de charme et nous avons une pensée amicale pour ce tavernier de Tours qui ne s'est pas moqué de nous.


La fin de l'après-midi arrive. Nous nous reposons un peu, puis, nous rassemblons nos affaires et nous réglons l'aubergiste en le remerciant et en lui disant que nous parlerons de lui en bien.
Il aide à harnacher Alambic tandis que j'installe les enfants dans la carriole.
Salut de la main, sourires de remerciement, le petit cheval se met en route. Dans la nuit, nous passerons Le Mans puis ce sera L'Alençon.




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Horloger

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Sam 13 Fév - 20:27

9 et 10 février 1458

Nous avons fait route sans encombre jusqu'au Mans, qui est une étape indispensable pour rejoindre l'Alençon. Nous avons opté par le passage en Alençon, voie la plus directe pour retrouver la Normandie, notre chère Normandie! Car même si ce voyage ne nous laisse que de bons souvenirs, Fécamp commence à nous manquer, et nous avons calculé que, si tout se passe bien, nous pourrons être de retour chez nous dimanche.
C'est donc sans problème que nous avons franchi à nouveau la douane du Mans, puis passé la journée sur place. Nous ne nous sommes pas cassé la tête: nous avons décidé de nous arrêter à la même auberge qui nous avait accueilli quelques jours auparavant. Inutile d'aller chercher mieux, car souvent, le mieux est l'ennemi du bien. Et le lendemain, nous mettons le cap sur Alençon, capitale du Duché de même nom. Cela nous fait bizarre, à Matou et moi, d'y retourner. Nous nous souvenons parfaitement des circonstances dans lesquelles nous y sommes allés, au mois d'août de l'an dernier. Nous avions alors rallié la bannière du Duc de Tancarville, afin d'aller faire pression pour libérer Cbx des geôles alençonnaises. C'était tout-à-fait différent, et très loin du voyage d'agrément que nous sommes en train de faire. tandis que je charge les bagages, et que Matou installe les enfants dans la carriole, nous nous souvenons du campement boueux; de la promiscuité; du nom, les Porte-Rancune, mais aussi de cette solidarité qui avait fait que nous pouvons nous regarder en face sans rougir: nous savons que nous avons fait le bon choix, non pas pour Cbx, mais vis-à-vis de nous-mêmes et de notre honneur.
Une fois les enfants installés, les bagages vérifiés, Matou et moi montons devant, et je fais claquer les rênes sur le dos d'Alambic, qui n'aura jamais rechigné à la tâche. Nous partons en direction de l'Alençon, au nord-est, afin de rallir ensuite Argentan et Lisieux. Le temps est froid, et Matou et moi nous serrons l'un contre l'autre. Le soir tombe, et nous laissons derrière nous Le Mans. Pas la moindre difficulté pour franchir le poste de douane, et le douanier nous souhaite bon voyage vers l'Alençon. Nous le remercions, et en avant!
Plusieurs heures plus tard, Matou me propose de me relayer. J'accepte; dormir un peu sera salutaire, et c'est bien emmitouflé dans mon mantel, et avec la couverture qui nous recouvre, tous les deux, que je m'endors aussitôt.
L'arrêt d'Alambic me fait me réveiller; j'ouvre les yeux, et constate que le jour est en train de se lever. Serions-nous déjà au poste de douane? Je me redresse, et vois que matou est effectivement en train de donner dotre nom au douanier. Je m'étire, et vérifie que les enfants dorment toujours. Ils n'ont pas bougé, bien emmitouflés, eux aussi, et bien protégés par la paille qu'on fermier m'a donnée au Mans. Matou remonte, et je l'accueille en l'embrassant tendrement, puis elle dit:

"Les auberges ne sont pas loin, sur la gauche!"


Elle fait claquer les rênes, et Alambic redémarre du même pas tranquille et égal qui le caractérise. Et effectivement, peu après, nous voyons une auberge, avec, à sa suite, quelques tavernes. Nous connaissons la ville, mais, à la différence de la dernière fois, nous pouvons y circuler à notre guise; nous ne sommes plus cantonnés à un campement. Matou stoppe la carriole, et je saute à bas, afin de décharger les bagages. J'entre dans l'auberge; elle est accueillante, avec un bon feu de cheminée qui ronfle. Je salue l'aubergiste, grand et sec, et lui demande s'il y a moyen de dormir; il acquiesce, et me dit:

"Sans problème, Messire, vous êtes seul?"

"Non, je voyage avec ma femme et nos deux jeunes enfants."

"Alors, prenez la chambre numéro 3; elle est spacieuse et vous y serez à votre aise."

Il me tend une clé, et, en le remerciant, je vais aider Matou à récupérer les enfants.Matou prend Guillaume contre elle, et je porte Mahaut, encore tout endormie, dans l'auberge. Nous allons dans la chambre, qui est en effet très spacieuse, et Matou recouche les enfants. Ils ont encore sommeil; autant les laisser dormir. Le jour est en train de se lever, mais, vu le froid, nous serons bien mieux ici, au chaud, près du feu. Je récupère les bagages, puis mène Alambic dans le pré, juste en face. La carriole trouve sa place derrière l'auberge, sur les conseils de l'aubergiste, et quelques instants plus tard, je rejoins Matou et les enfants. Tandis qu'ils dorment, nous nous installons sur deux fauteuils, fa ce à la cheminée, et nous réchauffons. Après ces voyages en pleine nuit, dans le froid, c'est peu de dire que trouver une cheminée avec un bon feu est une bénédiction! Matou et moi en profitons pour, en silence, vérifier que les manuscrits composant notre récit de voyage n'ont pas souffert, puis nous faisons une toilette rapide et sommaire. Qu'il fera bon rentrer chez nous, afin de prendre un bon bain!

Matou me dit à voix basse:

"Chéri, il me tarde vraiment de rentrer, maintenant! J'ai hâte de retrouver notre maison, et nos amis!"

"Et moi donc, mon cœur! Et retrouver la forge, et retourner pêcher..."

A ces mots, Matou plisse le nez. Je sais qu'elle est toujours inquiète lorsque je prends la mer, et je l'ai taquinée à dessein. Pour me faire pardonner, je l'embrasse tendrement, et lui réponds:

"Tu sais que je suis toujours prudent, et que je ne vais jamais loin!"

Elle hoche la tête en souriant. A ce moment, Guillaume commence à chouiner, ce qui provoque le réveil de Mahaut. Tandis que Matou change Guillaume, j'aide Mahaut à faire sa toilette, et l'habille chaudement. Puis nous préparons nos affaires, et allons manger. L'aubergiste nous propose du lait chaud, des pommes, du pain, et de la compote de pommes. Nous le remercions, et c'est avec grand appétit que tout le monde mange, y compris Guillaume qui apprécie particulièrement la compote.
Après avoir remercié l'aubergiste, nous décidons d'aller faire un petit tour en ville. Le soleil est là, franc malgré le mois de février, et c'est d'un bon pas, mais en respectant celui de Mahaut, que nous partons à la découverte de la ville. On aperçoit le château, au loin, juste depuis la ruelle principale. Nous en approchons, et , sécurisés par un muret sur notre gauche, nous voyons l'édifice.



Nous avançons encore dans sa direction, mais, un peu plus loin, des gardes armés nous interdisent d'aller plus avant. Nous avons cependant une belle vue sur une des tourelles de cet imposant ouvrage.



Nous rebroussons chemin, et redescendons vers la ville. Plusieurs échoppes sont ouvertes, et les artisans sont au travail. Les tisserands exposent leurs tissus; le son du marteau sur l'enclume tinte non loin de là...nous passons dans des ruelles pittoresques; l'une d'entre elle aboutit à une petite cour intérieure, pavée de façon assez jolie.



Non loin de là, nous voyons encore une maison à colombages; à croire que cette technique est commune à bien des régions! Nous en avons en effet vu de semblables dans tous les Duchés et Comtés que nous avons traversés.



L'église n'est guère loin, et malgré les bouderies de Mahaut, nous décidions d'y faire un tour. ce sera l'occasion d'allumer un cierge, afin de remercier Aristote de nous avoir protégés durant ce voyage.



Après ce périple alençonnais, il est temps de rentrer à l'auberge. Nous avons faim; l'après-midi décline, et c'est fatigués que nous voyons la silhouette de l'auberge se dessiner. Mahaut pousse un cri, soudain:

"Oh! Un blason!"

En effet, le blason de l'Alençonnais est peint sur un panneau de bois, que nous n'avions pas vu en partant. Matou fait un gros bisou à sa fille, et je lui caresse les cheveux. Elle ne rate rien, décidément!



Quelques instants plus tard, nous entrons dans l'auberge, heureux de retrouver un bon feu. Le temps de manger, de se délasser, et nous reprendrons la route, en direction d'Argentan.

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MessageSujet: Re: Voyage en Bretagne, Maine et Anjou (du 20 janvier au....)   Dim 14 Fév - 16:45

11 février, arrivée à Argentan

Après la capitale de l'Alençon, nous entrons dans Argentan que nous avons déjà vue à deux reprises. Il fait grand jour quand nous nous présentons à la douane.
Le douanier nous fait signe comme quoi nous pouvons passer, aucun contrôle. Cela change de la dernière fois, mais il est vrai que c'était dans d'autres circonstances.
Horlo me demande si je me souviens d'une taverne en particulier, je lui avoue que je n'en ai gardé aucun souvenir. Mahaut, qui est réveillée et qui est venue se glisser entre nous deux, pointe, de son petit doigt, l'enseigne d'une taverne:




- Là, il y a une taverne!! Tant mieux car j'ai grand faim!! C'est rigolo le petit chat qui tient une chope!!!

Je souris en la regardant. Hum...avant même de savoir lire, elle sait reconnaitre la chope annonciatrice, effectivement, d'une taverne.

L'endroit ne nous dit rien, mais il y a une petite place où Horlo arrête la carriole, et un enclos en face, où il s'empresse de mettre Alambic, sans oublié de lui donner à boire. Pour le fourrage, il verra avec le tavernier. Jusqu'à présent, taverniers comme aubergistes n'ont jamais rechigné à nous en procurer.

Nous poussons la porte, il y a du monde et c'est bruyant.



L'endroit ne me plait guère, mais nous nous installons à une table un peu à l'écart. Je fouille la besace pour en sortir un lange propre pour pouvoir changer Guillaume. Je demande au tavernier, un homme replet et souriant, un peu d'eau pour pouvoir le nettoyer. Il m'apporte ça immédiatement. Je laisse Horlo débarbouiller Mahaut, puis j'utilise l'eau pour nettoyer notre fils.
Entre temps, l'homme a déposé sur la table une planche avec quelques tranches de pain et un plat en terre cuite rempli de ce qui semble être un ragout. Immédiatement, le visage de Ménaline passe devant mes yeux. Cependant, une bonne odeur s'échappe du plat. Je laisse Horloger remplir nos assiettes, et j'attends son avis avant de gouter. Il fait un grand sourire et s'exclame:


- C'est délicieux, la viande esr tendre à souhait, les légumes cuits comme il faut et la sauce bien assaisonnée...mangez sans crainte....

En effet, le plat est une vraie réussite. D'ailleurs, nous n'en laissons pas une miette. Horlo hèle le tavernier et lui demande:

Dites moi, mon brave, tenez vous secrète la recette de votre ragout?

L'homme le regarde légèrement étonnée. Je regarde mon mari, moi aussi, avec une lueur d'interrogation dans le regard. Qu'a-t-il derrière la tête?

Le tavernier lui répond que s'il veut, il peut lui noter cette recette sur un parchemin. Mon mari hoche la tête:


- Volontiers....volontiers,... et avec un clin d'oeil il me dit....voilà un cadeau tout trouvé pour Ména!! Qu'en penses-tu?

J'éclate de rire, ainsi, voilà où il voulait en venir!


- Excellente idée, mon coeur....vraiment!!


Peu à peu, la taverne se vide et nous pouvons profiter du calme. Guillaume s'est endormi dans mes bras. La nuit dernière, il s'est réveillé à plusieurs reprises en pleurant, sans doute des petits cauchemars, mais maintenant il est fatigué. Je le berce doucement. Mahaut, elle, déborde d'énergie et s'adonne à son jeu préféré en taverne: grimper sur les chaises, sauter le plus loin possible, escalader les bancs....J'essaie de ne pas trop la regarder mais je ne peux m'empêcher de lui dire:

Ma chérie...tu es un singe, pas une petite fille....


Ce qui la fait beaucoup rire et elle redouble d'énergie. Nous bavardons un peu avec le tavernier, puis celui-ci doit nous laisser, une livraison de bière arrive et il doit vérifier que tout est en ordre.
Après nous être reposés un peu, et voyant qu'un rayon de soleil s'est levé, nous décidons d'aller flâner dans les ruelles Argentanaises. Guillaume dort toujours contre moi. je sais que, de toute façon, rien ne le réveillera. Nos pas nous mènent jusqu'à la place de l'église que nous admirons sans toutefois y entrer, au grand soulagement de Mahaut.



Plus loin, toujours sur la place, se dresse la mairie. Nous nous en approchons et nous pouvons admirer, sur une plaque en marbre, scellée sur le mur, le blason de la ville et lire l'origine de son nom.


Une pluie fine commence à tomber, aussi nous abritons-nous à l'intérieur de la mairie. Grand bien nous a pris car nous pouvons admirer de magnifiques tapisseries.






à conclure.....
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